Pierre-André Comte
- Function
- Député
- Party
- Parti socialiste
- Parliament
- Kantonsparlament
- Electoral district
- Delémont
- Parliament page
- Official profile
- Gender
- Male
- Born
- 10. August 1955
- Marital status
- Marié
- Occupation
- Enseignant retraité
- Language
- French
- Address
- Place des Fourons 1a
2830 Vellerat
- Wikidata
- Q3382808
- Source body
- JU
- Record updated
- 06.07.2026
- First imported
- 14.08.2025
- POURKantonsparlamentResult: 37 Yes · 16 No · 5 Abst. · 0 Absent
- POURKantonsparlamentResult: 58 Yes · 0 No · 0 Abst. · 0 Absent
- CONTREKantonsparlamentResult: 36 Yes · 22 No · 0 Abst. · 0 Absent
- POURKantonsparlamentResult: 51 Yes · 6 No · 0 Abst. · 0 Absent
- POURKantonsparlamentResult: 48 Yes · 11 No · 0 Abst. · 0 Absent
No interests recorded.
No access badges issued.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechKantonsparlament
M. Pierre-André Comte (PS) : Merci pour vos remarques, pour vos intentions de vote que vous avez exprimées avec sincérité, probablement. Pour l’UDC, Monsieur Girardin, j’aime beaucoup l’humour et finalement, je vous aime bien. (Rires.) Vous ne m’avez pas écouté, donc vous ne m’avez pas entendu. C’est dommage.
Je remercie le parti chrétien social indépendant qui dit oui, il faut faire quelque chose mais attendons plus tard, etc. C’est un argument que l’on entend très souvent dans les débats parlementaires qui, pour moi, n’ont pas une grande valeur. Je remercie CS-POP pour son soutien. Je voudrais dire à Madame la députée, qu’à l’occasion du 50e anniversaire du plébiscite jurassien, j’ai été particulièrement attentif à mettre en évidence le rôle essentiel des femmes joué dans la libération du Jura et cela a été écrit, dit, montré, illustré à maintes reprises par le mouvement que j’ai l’honneur de diriger, et donc ça continuera de l’être. Ensuite, pour le parti libéral-radical, Monsieur le Député, l’histoire doit absolument soutenir tous les coûts, pas "coups", ceux que vous avez mentionnés, qu’elle implique dans sa mise en lumière, ça, c’est ma conviction. On ne doit pas faire d’économies sur le récit de l’histoire, sans quoi on l’oublie et on tombe dans l’amnésie si chèrer à ceux qui ne veulent strictement rien faire. Monsieur Cerf, merci beaucoup, j’en attendais pas moins de vous. C’est le brillant représentant quand même de la Municipalité de Moutier avec Monsieur le délégué du Canton du Jura pour ce transfert réussi qui a eu lieu le 1er janvier 2026. Et encore une fois, pour rendre hommage à Monsieur Cerf, je vous supplie d’accepter ce postulat.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechKantonsparlament
M. Pierre-André Comte (PS) : Cette proposition est une suite donnée aux réflexions sur la stratégie immobilière de l’Etat. Pas de grand discours, il y a en chacun de nous des convictions personnelles qui ne demandent aucune confirmation publique. Vous connaissez les miennes, elles sont vouées depuis longtemps au combat pour le respect du droit de libre disposition du peuple jurassien et la nécessité d’enraciner l’histoire de la conquête de sa souveraineté sur la partie nord de son territoire ancestral. "L’histoire est témoin du temps et vie de la mémoire", citation de Cicéron.
La mémoire, chers collègues, voilà l’enjeu à l’heure de l’agitation sans fin et sans limite, de sentiments irraisonnés entretenus par l’hystérie des réseaux sociaux, plus asociaux qu’on ne le prétend. Il est des lieux où l’on juge et d’autres où l’on raconte. L’ancien tribunal de Moutier ne sera plus un lieu où l’on tranche, mais peut devenir un lieu où l’on aide à comprendre. Comprendre, chers collègues, c’est plonger dans le calme des choses et c’est sans doute la meilleure façon d’avancer.
La cité prévôtoise n’a pas changé de canton par caprice ni par opportunisme, elle l’a fait au terme de 50 années de lutte politique, de débats, de votes, de déchirements parfois, au gré d’un engagement guidé par une conviction profonde, le droit d’un peuple à être reconnu comme tel et a décidé de son destin. Raconter cette histoire n’est pas rouvrir les blessures, c’est refuser l’oubli, c’est chasser l’amnésie. La lutte des Prévôtois n’a pas été abstraite, elle a été vécue dans les corps, dans les rues, dans les familles. Les années 1975-1976, pour prendre cet exemple, ont marqué durablement la mémoire jurassienne des Prévôtoises et des Prévôtois, comme celle de tous leurs compatriotes.
Manifestations réprimées, violences policières, citoyens traités comme des fauteurs de troubles, voire comme des voyous, alors qu’ils défendaient une identité, une langue, une histoire. Un lieu de mémoire n’est pas un tribunal à retardement. Il ne condamne pas, il l’éclaire. Il ne glorifie pas un camp contre un autre, il restitue la complexité des faits, la pluralité des positions, la lenteur des processus démocratiques et leurs zones d’ombre. Voilà l’idée que nous en avons.
Un lieu de mémoire tel qu’il doit être imaginé ne provoque pas, ne nie pas, ne sacralise pas, il donne les outils pour comprendre. Créer un lieu de mémoire à Moutier dans cet ancien tribunal, c’est dire aux générations futures, voici ce qui s’est passé, voici pourquoi cela a été douloureux et voici comment malgré tout une solution démocratique a fini par émerger. Un lieu de mémoire, c’est un geste d’apaisement. Car une société qui ose regarder son passé sans complexe ni caricature est une société plus forte, plus confiante, plus réconciliée avec elle-même.
Ce lieu ne serait pas un monument contre Berne, il serait un monument pour l’histoire, un espace de transmission, de documentation, de dialogue où l’on apprend que la démocratie est un chemin exigeant, parfois rude, précieux parce qu’il oblige à la persévérance dans l’effort collectif par lequel la communauté humaine façonne son destin. Parler de la mémoire, loin d’être archaïque, est une exigence contemporaine. A l’heure où l’instantané règne sans partage, prendre le temps d’interroger l’histoire et la mémoire des peuples est un geste audacieux, je dirais même avant-gardiste, c’est élargir le champ, redonner de l’ampleur à la pensée. C’est une manière exigeante et résolument moderne d’habiter le monde.
L’histoire ne se limite pas au passé et n’existe pas pour lui seul. Elle est matière vivante, force en mouvement. Elle est un levier pour comprendre le présent et inventer l’avenir. Bien sûr, chers collègues, invoquer la mémoire implique qu’il ne faut jamais se laisser enfermer par la sécheresse d’un regard vide, figé aux lisières d’un horizon qui se referme sur lui-même. Il faut au contraire se projeter vers des perspectives lointaines, accessibles à ceux qui les cherchent, en toute chose et quelle que soit la valeur que l’on donne à la chose, il faut regarder de haut et de loin au lieu d’ergoter dans la plaine entre des horizons obscurs et rétrécis. Entretenir la mémoire des faits, des évolutions, des crises, permet précisément cela.
L’aboutissement du 1er janvier 2026 qui a vu Moutier rejoindre le canton du Jura est celui du droit, non celui de l’effacement de l’autre. Il ne se mesure pas à la disparition des tensions passées, mais à la capacité collective de tourner une page sans la déchirer. Chers collègues, accueillir la cité prévôtoise avec générosité et sans triomphalisme implique de reconnaître la complexité de son histoire, y compris ses moments les plus douloureux. Une mémoire ni héroïsée, ni édulcorée est une condition de la réconciliation à laquelle tous aspirent, parce qu’en définitive, rappeler d’où nous venons, c’est savoir où nous allons.
Un mot maintenant sur la position du Gouvernement. Je vous avoue que ce qu’il écrit dépasse mes faibles capacités de compréhension. En effet, à mon grand étonnement, notre initiative se voit poliment renvoyée au postulat no 458 de notre excellent collègue Gauthier Corbat, intitulé "Aux Arts !". Faut-il s’incliner devant cette innovation en vertu de laquelle tout ce qui touche à la mémoire relèverait désormais des beaux arts ? Si le Gouvernement souhaite dès à présent que chaque proposition mémorielle soit soumise au filtre de l’esthétique, on permettra cette question, exempte de toute ironie bien sûr, si l’histoire et la mémoire relèvent des beaux arts, la position du Gouvernement relèverait-elle des arts premiers, par ailleurs fort respectables ? Serait-elle déjà un bel objet ancien, un peu figé, que l’on observe avec curiosité, témoin d’un autre temps, d’une autre sensibilité et d’une autre manière de concevoir le débat public ? Je me refuse à le croire. Ne reléguons pas la mémoire à une exposition artistique aussi séduisante soit-elle, acceptons qu’elle demeure ce qu’elle a toujours été, l’expression d’une force inquiète, exigeante, dérangeante, mais indispensable à toute communauté qui prétend penser son avenir. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que les Pères de la Patrie aient toujours choisi comme refuge l’histoire, cette école du dépassement et j’ajoute qu’ils aient chérie une littérature qui porte à incarner les songes.
Concrètement, un lieu de mémoire peut avoir plusieurs formes. Mémorial sobre avec ses noms, ses dates, l’évocation des faits, centre de documentation, parcours explicatif avec ses panneaux, ses archives, ses témoignages. Le choix existe, il est plutôt large, il n’est pas exhaustif et peut être augmenté ou diminué. Ce lieu peut ne pas occuper tout l’espace disponible, juste celui qu’il lui faut.
Chers collègues, nous discutons ici d’un postulat dont nous connaissons tous la faible capacité institutionnelle à imposer la moindre contrainte. Consacrer un peu de temps nécessaire, le peu de temps nécessaire, à l’étude de notre proposition ne mettra pas les finances de l’Etat en péril, ni ne provoquera de surmenage administratif. Je prends ici le contre-pied de Monsieur Beuret. Si nous avions pensé que le contraire fut possible, jamais ne l’aurions-nous soumis à l’approbation du Parlement. A Moutier, la fête est terminée, la mémoire, elle, demeure. Sur ces mots, je vous invite à accepter le postulat qui vous est soumis.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechKantonsparlament
M. Pierre-André Comte (PS) : Je tiens d’emblée à préciser que je ne m’exprime pas ici en va-t-en-guerre contre une armée imaginaire, je laisse cela à d’autres qui voient le diable partout et croulent sous les spasmes d’une revanche inassouvie. Non, si je parle aujourd’hui, c’est plus modestement comme porte-parole d’un groupe socialiste légèrement perplexe. Face à cette proposition, l’enthousiasme n’est pas exactement au rendez-vous. Il y a parmi nos membres, comme un flottement, une hésitation, un doute suffisant pour que plus de la moitié d’entre eux ressentent le besoin d’exprimer leur désapprobation.
Le premier des contre-arguments invoqués porte sur l’opportunité de charger notre administration d’une tâche dont l’urgence, vous l’admettrez avec moi, n’est pas avérée, alors même que la fonction publique croule, nous dit-on, déjà sous le poids de ses nombreuses charges. Y a-t-il là quelque chose de prioritaire sous cet angle ? Le doute est pour le moins permis.
Toucher à un hymne, c’est un peu comme déplacer un meuble ancien dans un salon familier. On peut le faire bien sûr, mais encore faut-il être sûr que la nouvelle place lui convient vraiment et qu’on ne finit pas par regretter l’ancienne. Tout ça, c’est du boulot supplémentaire en perspective, a-t-on dit, alors qu’on en a déjà assez. Ainsi, sans remettre en cause les intentions que nous savons sincères de l’ancien député Bernard Studer, excellent ami autonomiste., nous ne partageons pas l’enthousiasme dont il fait preuve, bien que nous partagions avec lui le non franchissement de la ligne rouge, à savoir le fait qu’on ne touche pas aux paroles de la Rauracienne, même pas à une virgule.
Chers collègues, notre position n’est ni une levée de bouclier, ni un refus catégorique, mais plutôt un discret haussement de sourcils collectifs et parfois il faut savoir écouter ses sourcils. Encore une fois, moderniser un arrangement, valoriser les talents jurassiens, tout cela est parfaitement défendable, mais cela s’impose-t-il de nos jours ? Pour en revenir au texte de la motion, vous me permettrez cette petite et innocente incise, une respiration. Il semblerait qu’un mot a failli provoquer un moment de terreur dans l’inspiration du groupe auteur de la motion, "martiale", l’adjectif, pas le prénom. Mon Dieu, "martiale", quelle horreur !
Voilà un adjectif qui semble aujourd’hui tarifié davantage qu’un budget déficitaire. Et pourtant, si les Jurassiens n’avaient pas eu à un moment de leur histoire un certain caractère, disons déterminé, combattif, engagé, appelons-le comme on veut pour éviter toute crise lexicale, ils seraient sûrement toujours en train de croupir sous le joug bernois.
Permettez-moi une anecdote. Le 1er février 2020, j’ai été appelé, oui appelé, par la patinoire de Lausanne, la Vaudoise Aréna, pour fournir en urgence mon enregistrement de la Rauracienne à la veille de la finale de la coupe suisse de hockey sur glace opposant le HC Ajoie au HC Davos. Les organisateurs de l’événement ne disposaient que d’une version crémeuse, sans muscles, ni cadence de parade. Je procurai donc la version du cœur Du Brassus. Le soir suivant, lorsque sur cet air, appelons-le comme vous voudrez, les quelques 8’000 Jurassiens présents ont entonné leur hymne national, il s’est passé quelque chose. Des supporters du HC Davos, pourtant peu impressionnables, sidérés, sont restés muets, inoffensifs, littéralement saisis et nous avons remporté le trophée, une dégelée mémorable de 7 à 3 par notre HCA infligée à la cité du WEF.
Chers collègues, les députés qui voteront non, en espérant que vous serez préalablement convaincus de la pertinence de leur position, vous disent que trop vouloir corriger un hymne finit par le dénaturer. N’oublions jamais que l’essentiel n’est ni dans le tempo, ni dans l’orchestration, il est dans ce lien presque indéfinissable entre un peuple et son chant. Pour les raisons dont je vous ai fait part, le groupe socialiste soutiendra ou ne soutiendra pas cette motion dans sa majorité, ce qui signifie que ses membres disposent de leur liberté de vote.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechAbgeordneterKantonsparlament
M. Pierre-André Comte (PS) : Monsieur le Président, au nom des députés ainsi qu’au nom de toutes les personnes présentes, je tiens à vous féliciter pour votre brillante élection et vous souhaite une année féconde, riche en rencontres, animée de l’idéal et des valeurs qui sont les vôtres.
Je vais te tutoyer maintenant. Sur un ton personnel maintenant, toutes mes félicitations, cher Fabrice pour ton accession à la présidence du Parlement. C’est avec une immense joie et une profonde amitié que je salue ce moment, heureux de pouvoir te côtoyer en toutes circonstances, dans le Jura comme ailleurs. Je te souhaite plein succès et beaucoup de satisfaction dans cette haute fonction. L’instant attendu est là, qui te tend les mains, Monsieur le Président, de vous adresser ou de t’adresser à l’assistance, toute impatience de t’écouter. J’ai envie de traîner un peu quand même. Mais avant cela, permets-moi que je redescende vers la marche inférieure de ma responsabilité parlementaire pour m’y installer et déguster tes paroles. Bonne chance. Et à vous toutes et tous, puisque je vais maintenant disparaître dans le plus grand anonymat, joyeuses fêtes de fin d’année, à vous toutes et tous et joyeux Noël.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechAbgeordneterKantonsparlament
M. Pierre-André Comte (PS) : Comme le veut le règlement, bien sûr, je demande s’il y a d’autres propositions ? Vous avez le droit de lever la main et d’affronter Fabrice dans un duel. Je constate que ce n’est pas le cas. Nous allons donc procéder à cette élection. Pour cela, j’aimerais que les six plus jeunes députés par groupe viennent ici rejoindre le secrétaire général.
- RésolutionUrheber/inSolidarité avec le peuple ukrainienNo. RES 215
- MotionUrheber/in
- MotionUrheber/inLutte contre la fraude fiscaleNo. MO 823
- Motion
- Question écriteUrheber/in
- Kommission
- Kommission
- Parlament (Legislativrat)
Images(2)
- Version 101.01.2025 – 04.10.2025
- Version 204.10.2025 – 31.12.2199
Data: OpenParlData · CC BY 4.0