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PM

Paul Monnerat

Former member
Parti vert libéral
Ancien suppléantKantonsparlamentPorrentruy
Mandate
Function
Ancien suppléant
Party
Parti vert libéral
Electoral district
Porrentruy
Parliament page
Official profile
Personal
Gender
Male
Marital status
Marié
Occupation
Biologiste
Language
French
Contact
Address
Les Champs Bouchards 5
2924 Montignez
References & source
Source body
JU
Record updated
22.08.2026
First imported
14.08.2025
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Speeches(10)
  1. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    M. Paul Monnerat (PVL) : Je vais d’abord m’adresser aux jeunes qui sont derrière, je vous remercie d’être présents et j’espère que quand vous aurez terminé vos études, vous n’oublierez plus le Jura et que vous viendrez travailler chez nous, ça nous fera grand plaisir, n’est-ce pas ? Je comprends tout à fait un peu une certaine irritation quand on parle de hauts revenus. Alors, je vais vous répondre. Ce n’est pas pour faire revenir chez nous des énormes revenus ou des très hauts revenus, ce n’est pas du tout l’objectif de cette proposition, c’est de cibler quand même un peu la prospection qu’on fait et d’être quand même plus efficace. C’est ce qu’on cherche tous dans ce qu’on fait tous les jours.

    J’aimerais aussi rajouter une chose. Ce sont bien des personnes qui créent des entreprises. Si nous avons nos étudiants qui reviennent chez nous et qui créent des entreprises à l’endroit où ils vivent, alors autant que ça soit chez nous plutôt qu’ailleurs. Les étudiants connaissent bien le Jura quand ils sont ici, mais une fois qu’ils sont, pendant cinq ans ou six ans, dans une autre ville et qu’on commence à avoir un travail là-bas, c’est quand même un peu plus difficile de revenir. Et là, si on a un beau produit et qu’on va leur proposer ce produit, ça sera quand même beaucoup plus facile. Je crois qu’aujourd’hui on doit vraiment agir, on ne peut pas rester spectateur de cette stagnation démographique. Je pense qu’aujourd’hui on a l’occasion de donner un signal politique fort pour aller dans le sens d’améliorer cette démographie qui ne va pas forcément dans le bon sens. Je vous invite donc à accepter le postulat.

  2. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    M. Paul Monnerat (PVL) : Je me réjouis de la réponse favorable du Gouvernement à cette motion et de sa volonté de l’intégrer au plan de législature 26-31. Je suis tout à fait conscient que cette stratégie demande quelques ressources, mais celles-ci ne seront pas excessives. Il s’agit d’un investissement dont les retombées sont cumulatives dans le temps et qui s’inscrit dans une logique de rentabilité à moyen et long terme. Le Jura dispose de solides atouts pour attirer de nouveaux résidents, des logements immédiatement disponibles, quantité suffisante, des prix raisonnables, une excellente situation géographique, proche des centres, tout en offrant un accès direct à la nature, des écoles de proximité à taille humaine, des structures d’accueil diversifiées et un environnement propice à une qualité de vie élevée. Autrement dit, le produit Jura, c’est un produit "déjà attractif". Ce qui manque aujourd’hui, c’est une stratégie de prospection et de promotion à la hauteur de ce potentiel. Vous pouvez avoir le meilleur produit du monde, si vous n’allez pas vers des clients, vous ne le vendrez jamais. Sur le plan fiscal, la réalité est connue, entre deux tiers et trois quarts des recettes d’impôts proviennent des personnes physiques. Cela signifie que si l’on veut consolider durablement les finances cantonales, la politique visant à attirer de nouveaux contribuables est un levier au moins aussi stratégique que la politique de soutien aux entreprises. Puisqu’un effort de prospection doit être consenti, autant optimiser cet investissement en priorisant, dans un premier temps, les hauts revenus qui génèrent, en effet, un effet direct et significatif sur les recettes. Il ne faut pas négliger un autre aspect essentiel, ce sont souvent ces personnes qui créent des entreprises. Si elles sont installées dans le Jura, il est fort probable que leur entreprise le sera aussi. Il apparaît donc qu’il est tout aussi important de faire la promotion de la domiciliation que celle de l’implantation d’entreprises. L’une et l’autre se renforcent mutuellement.

    L’un des avantages majeurs de cette approche réside dans le facteur temps. Les nouveaux résidents qui s’installent génèrent immédiatement des recettes fiscales, consomment localement, utilisent nos services, participent à la vie sociale et associative. Cette dynamique s’enclenche en quelques mois alors que le développement économique nécessite souvent plusieurs années avant de produire des effets tangibles. Sur le plan démographique, il est important de corriger une perception parfois répandue, dans le Jura, on ne veille pas plus vite qu’ailleurs. Si la pyramide des âges semble moins favorable que dans d’autres régions, c’est surtout parce que nous bénéficions de moins d’immigration de travailleurs jeunes.

    La réponse n’est pas de subir ce constat, mais de reprendre l’initiative. Faisons revenir nos jeunes chez nous, nos anciens étudiants formés grâce à nos investissements publics, travaillant aujourd’hui dans des emplois à haute valeur ajoutée. Il est temps de leur offrir les conditions d’un retour attractif et de récupérer localement une partie des retombées économiques et fiscales de leur parcours professionnel. L’accélération de la numérisation, les emplois qui se renforcent, le travail par exemple, comme mentionné dans la motion, nombre d’entre eux travaillent aujourd’hui déjà à distance pour bénéficier d’un cadre de vie attractif, calme et connecté. Le Parlement peut affirmer aujourd’hui que cet investissement est raisonnable, maîtrisable et qu’il répond à un enjeu central pour l’avenir de notre canton. Je vous invite donc à donner un signal politique fort. Le Jura veut non seulement garder ses habitants, mais aussi les faire revenir et en accueillir de nouveaux, en particulier celles et ceux qui contribuent le plus fortement à la création de valeur, d’emplois et de recettes fiscales.

    Pour toutes ces raisons, je vous propose de suivre le Gouvernement et d’accepter cette motion.

  3. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    M. Paul Monnerat (PVL) : J’ai bien pris connaissance de la réponse du Gouvernement et je le remercie. Si je salue son engagement en faveur de la transition énergétique et de la mobilité, deux points me préoccupent. Premièrement, concernant les bornes de recharge. Conditionner leur installation uniquement à une analyse du besoin constitue un frein dont on pourrait se passer. Pour encourager réellement la transition vers l’électrique, il faut créer des conditions favorables, pas attendre que le besoin se manifeste. Les collaborateurs qui hésitent à franchir le pas ont besoin de cette infrastructure pour se rassurer.

    Deuxièmement, l’argument du surcoût de 30 à 50% est aujourd’hui obsolète. L’offre s’est étoffée et permet d’acquérir des véhicules électriques à des coûts tout à fait comparables au thermique. De plus, de nombreux véhicules électriques d’occasion sont disponibles à des prix très intéressants. La transition vers la mobilité électrique mérite une approche plus volontariste.

  4. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    M. Paul Monnerat (PVL) : Le choix de la forme d’un examen relève clairement de l’exécution et doit rester du ressort du Département et non du pouvoir public. La séparation entre le rôle du Parlement qui fixe le cadre général et celui des services compétents qui mettent en œuvre des modalités d’application est fondamentale pour préserver la souplesse et l’adaptabilité de notre système éducatif. Les équipes de direction des écoles disposent des compétences et de la connaissance du terrain, nécessaires pour choisir les outils d’évaluation les mieux adaptés à leurs élèves. Une intervention politique dans ce domaine pourrait complexifier la gestion scolaire et limiter dans une certaine mesure la capacité des professionnels de la pédagogie à exercer pleinement leur mission essentielle. Avec l’accès aujourd’hui rapide et facile à la connaissance, il devient essentiel de privilégier des modalités d’évaluation qui vont au-delà de la simple mémorisation.

    Avec plus de 20 ans d’expérience, un examen oral et écrit, il apparaît que l’oral permet d’explorer en profondeur la compréhension d’un élève, grâce au dialogue et à l’échange, là où l’écrit a plutôt tendance à valoriser la restitution de connaissances. Il est donc important de conserver une réelle souplesse d’exécution dans le choix des formes d’évaluation afin de s’adapter aux évolutions du rapport à la connaissance. C’est vrai qu’avec ces nombreuses années d’expérience, l’oral, je trouve que c’est très intéressant, on peut vraiment aller au fond des choses et ce n’est pas subjectif, comme on peut le dire, si on est bien organisé, si on a vraiment une bonne habitude, on peut défendre cela. C’est clair que ça rassure d’avoir des critères qui paraissent plus objectifs, mais je peux vous affirmer qu’en 20 ans d’expérience, on a des critères objectifs, même dans l’oral. Pour toutes ces raisons, il convient de refuser cette motion.

  5. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    SUPPLEANT_MALEKantonsparlament

    M. Paul Monnerat (PVL) : On peut parler de secret. Aujourd’hui, avec les solutions propriétaires, il n’y a aucun secret. Je vais revenir sur ce qui a été évoqué avant. Le Gouvernement souligne, à juste titre, l’importance de la coordination intercantonale, c’est juste, mais elle n’est pas remise en cause du tout. Je ne remets pas en cause non plus toutes les solutions actuelles, mais c’est juste une tendance politique. Je n’impose rien, ma motion n’impose rien, elle demande des préférences ou de favoriser.

    Les solutions open source sont auditées par des experts du monde entier, je ne demande pas à quelqu’un qui code dans son coin ici, de faire la sécurité d’un cloud, ce serait complètement dément, on a des solutions éprouvées dans le monde entier, on a des solutions utilisées par des milliers de personnes et c’est même avoir du mépris pour certaines entreprises de la IT en Suisse, quand on vient nous dire qu’on a des solutions qui ne sont pas à mûres. On a des centaines d’entreprises qui utilisent des solutions cloud suisses. On ne demande donc pas forcément à l’Etat jurassien de développer ses propres solutions cloud, nuage, si vous préférez. Si chaque canton attend sur un autre canton, rien ne va changer. On se met ensemble, c’est bien, on discute mais il faut agir.

    Se réfugier derrière la facilité du : on suit la tendance, n’apporte guère d’ambition et d’innovation, pire, on suit les dépenses des autres cantons qui ont bien plus de moyens que nous et en plus, on reste dépendant sur le long terme. Si la souveraineté numérique est déjà un axe prioritaire, pourquoi refuser cette motion quelque part ?

    Un petit rappel quand même. La migration vers les produits Office 2024, même sur l’infrastructure locale, maintient une dépendance aux géants américains soumis au droit américain, dont les effets peuvent nous impacter du jour au lendemain. C’est la couche logicielle qui fait foi, ce n’est pas l’emplacement, contrairement à ce que tout le monde raconte, mais c’est la couche logicielle. Le Gouvernement reconnaît dans la réponse écrite no 3716 que Microsoft Swiss est soumise à la réglementation américaine, n’est-ce pas ?

    Pourquoi ne pas s’inspirer de l’exemplarité de la Confédération qui exige que les logiciels libres aient du code ouvert et que les données restent souveraines. C’est clair que ça va prendre du temps. On a perdu 20 ans, je pense que là, c’est le moment de changer, on a des solutions matures. Le courage politique consiste à montrer la direction et c’est ce que propose cette motion, je n’oblige rien du tout, je n’oblige pas à faire tout, tout de suite, de loin pas.

    Un petit rappel quand même, enfin ce n’est même pas un rappel, je vais vous donner cette information parce qu’on a entendu des informations avant qui étaient fausses. Le coût total de possession d’une solution open source est plus faible que celui d’une solution propriétaire après seulement trois ans d’exploitation. C’est un investissement, ce n’est pas une dépense.

    Et ce que je vous donne là comme chiffre, c’est selon la majorité des analyses menées sur les infrastructures publiques et privées. Ceci favorise ainsi la maîtrise des dépenses à long terme, on le sait très bien, on n’y est confronté déjà aujourd’hui. Chaque année, nous versons plus d’un demi-million à cette fameuse entreprise américaine, dont je ne citerai plus le nom, pour des logiciels que nous utilisons difficilement à 10% de leur potentiel mais que nous payons à 100%. Je préfère que nous payons des solutions locales suisses à 50% en utilisant 50%, on en utilisera encore plus de deux fois plus. Le retour sur investissement est bien meilleur. Apparemment, certains souhaitent continuer, d’après ce que j’ai entendu avant, on a parlé de passer à l’administration à Office 365, je vois qu’en fait on souhaite continuer dans cette addiction auprès de cette entreprise.

    On a évoqué l’éducation. Donc pire, chaque élève, chaque étudiant, chaque enseignant partage tous les jours des informations personnelles et sensibles avec ces plateformes, contribuant ainsi à nourrir leur intelligence artificielle, leur avance technologique et leur pouvoir. Actuellement, on est en train de changer, juste pour situer les choses, c’est un cas concret, on dit que ça va coûter plus cher, ce n’est pas vrai, ça coûte déjà cher aujourd’hui, on est en train de changer des centaines d’ordinateurs maintenant dans les écoles parce qu’ils ont cinq, six, sept ans et ils ne peuvent plus passer à Windows 11 et on rachète de nouveau des ordinateurs américains. Faut-il continuer à remercier ceux qui mettent au chômage des milliers de Jurassiennes et de Jurassiens pendant qu’on alimente leur fortune de l’autre côté de l’Atlantique ?

    Le président : Merci de conclure, Monsieur le Député.

    M. Paul Monnerat (PV) : Oui. Le confort de la dépendance nous aveugle. Où est passé l’esprit du Jura libre ? Cette motion n’est pas un son dans le vide, c’est une vraie direction politique, un appel au courage et au bon sens. Le vrai progrès n’est pas de suivre la tendance mais d’oser anticiper, d’oser choisir la vraie liberté numérique pour le Jura. Demain, ayons l’audace de dire Jura libre et souverain.

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  • Version 1
    01.01.2025 – 31.12.2199

Data: OpenParlData · CC BY 4.0