Elisabeth Baume-Schneider · SP
À l'instar des préoccupations légitimes du conseiller national Simon Stadler, le Conseil fédéral accorde également une grande importance à un approvisionnement sûr et organisé en matière d'antibiotiques. Il partage le constat que trop peu de nouveaux antibiotiques sont développés. Lorsqu'un nouvel antibiotique arrive à l'étape de mise sur le marché, il n'est souvent pas immédiatement disponible dans notre pays. Le délai de la mise sur le marché dépend de la stratégie du fabricant. Un retard de plusieurs années est souvent observé par rapport à la première autorisation délivrée à l'étranger, en particulier aux USA ou encore en Europe.
La disponibilité des antibiotiques nouveaux et existants constitue dès lors une priorité du plan d'action One Health de la Stratégie Antibiorésistance Suisse pour la période 2024-2027. Le projet de révision de la loi sur les épidémies, transmis au Parlement en août de l'année passée et traité par le Conseil des États durant la présente session, prévoit déjà de nouvelles incitations financières pour le développement d'antibiotiques en Suisse sous forme de modèles d'attraction et d'incitations. Les instruments proposés s'appuient sur une analyse de modèles de financement existants à l'étranger.
L'approvisionnement en médicaments existants, parmi lesquels les antibiotiques, fait également l'objet d'autres mesures. En mars de cette année, le Conseil fédéral a adopté un volet de mesures visant à faciliter la production et l'accès au marché des médicaments indispensables dans les soins de base. Par ailleurs, il a soumis au Parlement un contre-projet direct à l'initiative populaire "Oui à la sécurité de l'approvisionnement médical".
Des projets concrets prennent donc déjà en considération les demandes soulevées par le postulat, et c'est ce qui incite le Conseil fédéral à proposer son rejet.