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Didier Berberat · SP

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Schweiz08.03.2010

Aux yeux de la minorité, il est extrêmement important que l'aide publique au développement, ou l'APD, atteigne en 2015 0,7 pour cent du revenu national brut, soit du RNB. Par ailleurs, il nous paraît aussi important de tenir compte de la volonté du Grand Conseil d'un des plus grands cantons de Suisse.

Les pauvres de ce monde, qu'ils soient ici ou dans les pays en développement, sont les plus touchés par la crise économique et financière actuelle puisqu'ils connaissent les dégâts sociaux les plus importants et, on le sait, ce sont souvent les personnes les plus fragiles qui souffrent encore plus que d'autres personnes de ce genre de problèmes économiques ou financiers. [PAGE 127]

Je rappelle aussi d'ailleurs que la Suisse a adhéré aux Objectifs du Millénaire pour le développement et que ceux-ci visent, notamment, la réduction de moitié de l'extrême pauvreté et de la faim jusqu'en 2015 et souhaitent aussi assurer la scolarisation primaire de tous les enfants dans ce monde. Ce n'est donc pas avec 0,44 pour cent du RNB que la Suisse parviendra à faire sa part de travail dans ces domaines qui nous paraissent fondamentaux. On a d'ailleurs déjà eu l'occasion de discuter cet après-midi de ces questions.

On doit d'ailleurs signaler que l'Allemagne - et cela a été fait pas Madame la conseillère fédérale Calmy-Rey -, dont la part se situe actuellement à 0,38 pour cent du RNB, a décidé de porter son effort à 0,7 pour cent en 2015. De leur côté, les Pays-Bas sont déjà à 0,8 pour cent, le Luxembourg à 0,92 pour cent et je crois même que le taux a encore augmenté, et la Suède est presque à 1 pour cent. Cela a aussi été rappelé tout à l'heure, l'Union européenne souhaite atteindre 0,7 pour cent comme taux d'aide publique au développement en 2015.

L'aide publique au développement n'est pas seulement un investissement à fonds perdu, il y a des retours, des apports financiers, notamment pour les entreprises suisses. En outre, il est important de pouvoir aider les pays les plus pauvres sur place, de manière à éviter notamment les nombreuses migrations que nous connaissons ainsi que les problèmes en matière d'environnement.

Des besoins fondamentaux doivent être remplis de manière ciblée, comme l'accès à la nourriture, à l'eau potable, etc. Il y a également passablement de travail à accomplir en matière de formation et d'emploi. Et je peux vous dire, pour me rendre de temps en temps dans les pays d'Afrique subsaharienne, qu'il y a d'énormes besoins dans ces domaines. Dans les villes, vous le savez, le taux de scolarisation est relativement moyen, notamment chez les garçons, alors que chez les filles il est encore plus bas, et dans les campagnes, vous le savez aussi, il y a très peu d'enfants qui sont scolarisés. Alors, quel avenir veut-on donner à ces jeunes? Par ailleurs, il y a encore beaucoup de travail à accomplir en matière de démocratie et de respect des droits humains, ce qui ne signifie évidemment pas qu'il ne faut pas être très sévère relativement aux critères d'attribution.

En résumé, il s'agit d'une question politique, vous l'aurez constaté. Souhaitons-nous agir comme d'autres pays de l'Union européenne en tendant vers le 0,7 pour cent ou souhaitons-nous viser le 0,42 pour cent, voire le 0,5 pour cent qui pourrait éventuellement être atteint en 2015? A nos yeux, nous devrions cibler le 0,7 pour cent pour 2015.

C'est la raison pour laquelle nous vous demandons de donner suite à l'initiative du canton de Berne.

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