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LH

Leïla Hanini

Former member
Parti socialiste
Ancienne Ancien députéeKantonsparlamentDelémont
Mandate
Function
Ancienne Ancien députée
Party
Parti socialiste
Electoral district
Delémont
Parliament page
Official profile
Personal
Gender
Female
Marital status
Célibataire
Occupation
Juriste-économiste
Language
French
Contact
Address
Rue de l'Hôpital 47
2800 Delémont
References & source
Source body
JU
Record updated
01.08.2026
First imported
14.08.2025
Voting record(458)
  1. POUR
  2. POUR
  3. POUR
  4. POUR
  5. POUR
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Speeches(40)
  1. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    Mme Leïla Hanini (PS) : Faut-il véritablement opposer le cœur à la raison ? En fait, non. Dans le cadre du transfert de la ville de Moutier dans le canton du Jura, le cœur est autant présent que la raison, contrairement aux propos que vous avez déjà pu tenir à cette tribune Monsieur le Député. S’il vous est familier de toujours faire de la politique par la peur, nous ne pouvons ici vous laissez tenter de faire croire à la population que l’un des seuls projet réjouissant de la République est lui aussi quelque chose de négatif.

    L’arrivée de Moutier est au contraire le rayon de soleil qu’il nous fallait dans le marasme ambiant, au cœur d’une législature où notre seule préoccupation semble être celle de nous imposer des programmes d’économies. Avec le cœur et la raison, c’était le slogan de toute une population dans l’attente de réaliser son vœu. Monsieur le Député, ne délégitimé pas le choix du peuple. La venue de Moutier est d’abord une preuve réjouissante de la bonne santé de notre démocratie. Elle reflète la volonté populaire, la victoire d’un peuple face à de multiples injustices subies, qu’elles soient historiques ou plus récentes. Avec le cœur et la raison, la venue de Moutier va coûter, mais ce que vous vous gardez bien de dire, c’est qu’elle va aussi et surtout rapporter. Preuve en est, la déclaration du Gouvernement quant au pôle de formation qui verra le jour à Moutier, et il faut ajouter à cela que nous accueillerons une commune en excellente santé financière, une commune qui est culturellement riche et qui contribuera à faire rayonner la culture jurassienne. Sur un plan plus personnel, et permettez-moi ce petit trait ironique, qui n’a d’ambition que celle de vous ramener le sourire aux lèvres, vous accueillerez Monsieur le Député, une ville qui produit, tenez-vous bien, le meilleur cervelas de Suisse. Comme import culturel, ça devrait vous enthousiasmer, non ?

    La parenthèse gastronomique fermée, n’oubliez pas que Moutier est aussi une ville où l’industrie de pointe est prospère, remarquable et remarquée en Suisse et dans le monde. Avec le cœur et la raison, le retour de Moutier dans son canton naturel nous permet de nous questionner. Il nous permet d’envisager un nouvel avenir pour nos institutions, une réorganisation de l’Etat, une relance du débat démocratique dans une société civile de plus en plus désintéressée de la chose publique, bref, la chance exceptionnelle de pouvoir se remettre en cause et de se projeter vers de nouveaux horizons.

    Voilà pourquoi l’accueil et l’intégration de Moutier est en lui-même un beau, un grand, un enthousiasme projet de société. Un projet qui même si vous essayez de le torpiller avec votre esprit grincheux, ramène de l’espoir, de l’envie, de l’engouement et qui rassemble le peuple comme il associe le cœur à la raison. Pour conclure, j’aimerais Monsieur le Député, revenir à notre histoire de cervelas. J’ai pour vous un petit cadeau que j’ai oublié sur mon pupitre mais je viendrai vous l’apporter juste après qui, j’ose l’espérer, vous permettra d’adoucir quelque peu cette humeur grincheuse, qui sait ? Ce cervelas médaillé touchera peut-être votre cœur et fera alors revenir la raison.

  2. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    Mme Leïla Hanini (PS) : Comme le relève le message du Gouvernement, un point de vigilance mérite toute notre attention. Le fait que le quorum naturel imposé par la loi ne sera pas atteint dans le district de Moutier, mais également dans celui des Franches-Montagnes dès 2026. Selon le Tribunal fédéral, un quorum naturel supérieur à 10% n’est pas compatible avec le système de représentation proportionnelle qui est le nôtre. Les quorums naturels de Moutier et des Franches-Montagnes seront pourtant tous deux supérieurs à 10%. De ce fait, ils ne respecteront pas la jurisprudence fédérale. Néanmoins, notre canton pourra exceptionnellement fonctionner ainsi sans respecter la jurisprudence. En effet, la jurisprudence permet des exceptions dans des cas particuliers tel que celui du transfert. Ainsi, nous allons en quelque sorte bénéficier d’une dérogation du Tribunal fédéral pour fonctionner avec des quorums non-conformes à la jurisprudence fédérale pendant la durée d’une législature, celle de 2026 à 2030.

    Que se passerait-il si aucune solution n’était trouvée pour rendre les quorums conformes à la jurisprudence fédérale ? Si aucune solution n’était trouvée à la fin de la législature prochaine, alors en réalité, une deuxième exception pourrait être faite pour continuer de fonctionner avec le système défaillant. Nous aurions une deuxième législature de marge en quelque sorte, c’est du moins ce que nous avons appris pendant les discussions autour de la modification de l’article 109 de la Constitution.

    En ces temps tourmentés, nous sommes toutes et tous conscients que notre Parlement aura d’importants dossiers à traiter prochainement. En ce sens, cette question ne sera peut-être pas une priorité durant la prochaine législature. Le sujet en question paralyse encore passablement, rendant aussi possible l’hypothèse selon laquelle nous nous retrouverions sans solution en 2030. Cela mène donc à se questionner sur la sécurité de cette issue. Eh bien, si en 2031 nous continuons avec le système qui ne respecte pas le quorum prévu par la jurisprudence, en prônant une fois encore l’exception, il suffirait qu’un ou une citoyenne dépose un recours pour rendre toute élection caduque. Imaginez donc la catastrophe. Après avoir analysé d’autres pistes qui garantiraient qu’une solution soit mise en œuvre dès 2030, la grande majorité des membres de la commission spéciale mixte a estimé qu’il était plus opportun de passer par la voie de la motion parlementaire. Ainsi, l’ensemble des commissaires, à l’exception du représentant de l’UDC, a décidé de déposer une motion interpartis qui demande que le Parlement puisse se saisir de ce dossier dès 2026. Ainsi, une solution conforme à la jurisprudence fédérale pourra être mise en œuvre dès 2031. Nous espérons que vous réserverez un bon accueil à ce texte.

    Je profite de cette tribune pour indiquer que l’ensemble du groupe socialiste partage les préoccupations exposées. Il soutiendra donc la modification de l’article 109 de la Constitution, tout en soutenant également la motion déposée ce jour par les commissaires de la CSM.

  3. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    Mme Leïla Hanini (PS) : Motion d'ordre, Madame la Présidente, nous invoquons l'article 74, chiffre 7 du règlement du Parlement et demandons que le vote se fasse par appel nominal.

    Cette requête est acceptée par plus de vingt députés.

  4. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    Mme Leïla Hanini (PS) : Je suis née deux semaines avant le décès de Roland Béguelin et 64 ans après la naissance de Valentine Friedli. Pourtant, aujourd’hui, je sens plus que jamais, tout comme mon groupe parlementaire, la responsabilité de leur héritage et de celui des militantes et militants qui se sont battus pour donner à ma génération un Etat souverain. Un Etat dans lequel nous avons notre mot à dire, où nous pouvons débattre de nos affaires et où nous pouvons être en désaccord légitime avec certaines et certains d’entre vous. Un Etat où les Jurassiennes et les Jurassiens s’occupent des affaires du Jura, un Etat libre et souverain. Et pour la première fois depuis Vellerat, notre Etat s’agrandit, une partie du Jura sud sera jurassienne. Aujourd’hui, nous élus du peuple jurassien avons cette immense chance et fierté que de vivre pareil instant. Le concordat sur lequel nous nous prononçons représente effectivement l’agrandissement de notre canton avec la venue de Moutier, mais il scelle surtout l’exercice démocratique exemplaire qui s’est tenu. Permettez-nous, en ce sens de saluer en plus de notre Gouvernement, les autorités actuelles et passées du Jura, de Moutier et de la Confédération, sous une forme quadripartite, nous avons réussi à trouver un consensus très suisse pour mettre fin au seul conflit territorial qu’a connu récemment notre pays. Définitivement, le Jura et la Suisse peuvent être fiers d’être des modèles de démocratie telle qu’une population peut y choisir son appartenance cantonale.

    Pourtant, nous revenons de loin. Il y a quatre décennies, notre région s’enfonçait dans la crise, avec l’éclatement de l’affaire des caisses noires et les actes tristes qui en sont suivis. Il a donc fallu du dialogue, du respect et de la diplomatie pour parvenir au résultat d’aujourd’hui. Il a aussi fallu de l’échange et de la négociation pour obtenir ce concordat.

    D’aucuns lui verront des défauts, notre groupe préfère le voir comme un symbole du dialogue intercantonal, fruit du consensus et outil qui permet de mettre en œuvre le transfert voulu démocratiquement par une ville. Nous aimerions, en ce sens, remercier et féliciter toutes les personnes qui ont œuvré à ce brillant projet du point de vue technique et politique.

    Ce concordat qui nous occupe symbolise autre chose d’important à nos yeux. C’est peut-être un élément qui nous échappe, nous députés, mais il témoigne que la population prévôtoise a eu envie de venir dans notre canton et que ce canton fait donc envi. Moutier, berceau du Jura, rejoint donc son canton naturel avec une population enthousiaste d’apporter sa pierre à l’édifice. En Prévôté, il y en a qui ont tout vécu, du comité de Moutier justement jusqu’aux décisions préfectorales, des décennies de militantisme pour nous aider à créer ce canton en 1974 et l’agrandir encore en 2026. Aujourd’hui, ces personnes sont là pour nous rejoindre enfin, et il y a parmi elles, celles qui doivent accepter une décision populaire qu’elles n’ont pas souhaitée. Aujourd’hui, c’est bien avec l’ensemble de ces personnes que nous avons l’occasion de développer notre canton, de questionner son fonctionnement actuel, de se réinventer, de repenser certaines politiques publiques et de se rééquilibrer. C’est avec toute sa diversité que Moutier nous accompagne dans la construction du Jura de demain. C’est donc une ville enthousiaste qui nous rejoint. Nombreux d’entre nous se remémorent des soirées historiques de 2017 et 2021, mais aussi des manifestations de 2018 et 2019. C’est avec ce bagage-là que Moutier rentre à la maison. Sachons donc prendre la hauteur nécessaire et rendre hommage à l’instant historique que nous vivons. Dans quelques mois, la population se prononcera dans le canton de Berne et dans notre canton. Nous l’encourageons à approuver massivement ce texte afin de sceller la décision démocratique qui a précédé ces votations populaires cantonales.

    Dans moins de deux ans, le Jura, notre Jura, sera un peu plus grand, un peu plus fort et un peu plus frondeur. Notre drapeau à cette bande, on verra une quatrième s’illuminer, témoignant du retour de Moutier dans sa patrie naturelle. Aujourd’hui, acte-t-on le triomphe de la démocratie. Vous l’aurez compris, notre groupe vous encourage à approuver massivement le concordat et vu l’aspect historique de ce vote, je vous propose de vous prononcer de manière nominale. Nous en ferons par ailleurs la demande tout à l’heure.

  5. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Speech
    Kantonsparlament

    Mme Leïla Hanini (PS) : La situation de pénurie de médecins est inquiétante, surtout lorsqu’on sait que cette problématique ne s’arrête pas aux généralistes, comme ça a été répété aujourd’hui mais touche aussi les gynécologues, par exemple les pédopsychiatres ou encore les pédiatres, comme ça a été dit effectivement ce matin, entre autres.

    Nous nous étions d’ailleurs également inquiétés de la situation de pénurie chez ces spécialistes au travers d’une interpellation, dont le contenu de la réponse, si elle semblait rassurer dans un premier temps, ne démontrait pas la mise en œuvre de pistes concrètes après analyse. Dans le Quotidien Jurassien d’hier, des personnes du terrain, donc, il faut croire que c’est comme les juristes, les médecins n’ont pas toutes et tous le même avis, cette personne appuyait la démarche du député Haas. C’était un pédiatre, bientôt à la retraite, qui indiquait, je cite : "On forme suffisamment de pédiatres en Suisse, le fait est que ce n’est pas dans le canton du Jura que les nouveaux soignants vont s’installer une fois leur diplôme en poche". En effet, on peut se targuer que le projet réformé fonctionne par exemple, que la Suisse compte plus de diplômés mais cela ne règle pas la situation jurassienne et le fait qu’il faille faire venir ou revenir les étudiantes et les étudiants ici, ce qui est possible grâce à l’idée proposée par notre collègue. Cette idée qui vient donc compléter les incitatifs cités tout à l’heure par le ministre Gerber. Toujours dans la presse locale, un élément questionnant. On apprend que selon l’Etat, ce n’est pas son rôle d’aller chercher des étudiants en médecine. Ce n’est absolument pas la vision de notre groupe. Le groupe socialiste estime que lorsque la population jurassienne s’inquiète de ne plus trouver de médecin pour ses enfants ou pour sa propre personne, alors oui, c’est le rôle de l’Etat d’être au service des citoyennes et des citoyens et de mettre tout en œuvre pour pallier la situation, dès maintenant. A l’instar de la promotion économique qui est faite pour les entreprises, notre groupe pense qu’il est tout à fait opportun d’en faire de même pour résoudre une problématique qui touche toutes les Jurassiennes et tous les Jurassiens.

    Si le postulat devait être accepté, il faudrait profiter d’étendre l’étude aux spécialistes dont une pénurie est identifiée, telle que les pédiatres ou encore les gynécologues et ne pas s’arrêter uniquement aux généralistes pour répondre à la problématique de pénurie globalement et bénéficier d’un véritable plan d’action.

    Je pense qu'à cette tribune, le ministre a parlé ou a plutôt identifié le postulat de Quentin Haas comme étant un incitatif financier, à mon avis cela dépasse clairement ce cadre financier puisqu'il doit être à mon avis plutôt compris comme un accompagnement à l’installation des futurs médecins et pas seulement un incitatif financier.

    Enfin, j’aimerais encore ajouter que le député Périat a dit qu’il avait avec son groupe de réflexions annoncé cette pénurie, il y a déjà 30 ans, donc effectivement, le postulat de notre collègue a le mérite de vouloir agir enfin et peut-être de ne pas devoir attendre 30 ans supplémentaires pour que des solutions concrètes soient mises en place. Vous l’aurez compris, notre groupe acceptera ce postulat.

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  • Version 1
    01.01.2025 – 31.12.2199

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