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Samuel Bendahan · SP

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Schweiz30.09.2026

Monsieur le conseiller fédéral, comme nous le disons dans notre interpellation, nous ne comprenons pas votre surprise. Avec 17,2 degrés de moyenne, 3,4 degrés au-dessus de la norme, 30 records de station, les dernières années ont été le top 3 du réchauffement climatique, chez nous : 2022, 2023, 2024, et maintenant, les chaleurs de cet été. Comment peut-on être surpris tant de fois ? Dans un grand documentaire du cinéma français, il a été dit qu'on ne peut pas tromper une personne mille fois. Et pourtant, il semblerait que le Conseil fédéral fasse exception à cette règle.

Tous les voyants sont au rouge, même dans l'agriculture : moins 20 pour cent de pommes de terre et l'autosuffisance dans ce domaine qui s'effondre ; moins 30 pour cent de lait et moins 13 pour cent de gruyère. Tout le monde souffre de cette chaleur. Et toujours la surprise, jamais l'action. Le paysage souffre. Moins 40 pour cent de glace. Les glaciers qui disparaissent par centaines ; 6 mètres de glace en moins pour l'Aletsch cet été, par exemple. Et le remplissage des barrages qui souffre.

Mais je comprends. Votre parti n'est pas trop intéressé aux barrages et à la nature. Mais je pense que quelque chose vous touchera plus, Monsieur le conseiller fédéral : la centrale nucléaire de Beznau. Elle a perdu 50 pour cent de sa puissance à cause de l'Aar qui était trop chaude. Ça, ça doit vous toucher, quand même. Par conséquent, vous devez comprendre qu'il faut faire quelque chose contre ce réchauffement.

Les espèces, elles aussi, souffrent. De plus en plus d'espèces non natives sont présentes. De plus en plus de poissons invasifs viennent à cause de la chaleur.

Et enfin, nous avons de plus en plus de difficultés à vivre dans l'environnement que nous avons toujours connu. Car plus que l'environnement, c'est aussi les gens. Il s'agit d'un problème de santé publique. Des centaines de morts : 474 en 3 semaines. Un pic, fin juin, de 15 pour cent ; plus 20 pour cent chez les moins de 65 ans. Le réchauffement climatique est dur pour la population, mais aussi pour celles et ceux qui travaillent. À plus de 40 degrés, c'est le coup de chaleur. Combien d'ouvriers et d'ouvrières ont dû travailler sur les chantiers ? Une étude d'Unia a démontré que la plupart d'entre eux, la majorité écrasante, n'ont pas bénéficié de pauses. Ils ont dû souffrir sur leur lieu de travail sans avoir de solution. Nous nous plaignons avec des températures à 27 ou 28 degrés dans les bureaux. Mais qu'en est-il des 39 degrés sur les chantiers ou des 160 à 200 degrés du bitume posé ? C'est cette souffrance-là que nous voulons éviter. C'est pour cela que l'inaction est incompréhensible pour nous.

Les soignants aussi souffrent. Neuf sur dix ont eu des symptômes liés à la chaleur et 60 pour cent des hôpitaux sont sans protection des patients. Qui nous soignera des problèmes et des conséquences de la chaleur si même le personnel soignant travaille dans des conditions qui les rendent malades ? Et les problèmes de santé publique ne s'arrêtent pas à cela. Davantage d'hospitalisations d'urgence, de besoins. Et hier, vous avez appris l'explosion des primes d'assurance-maladie. Cette explosion des primes va encore s'aggraver si nous rajoutons des problèmes de santé et ne faisons rien par rapport au réchauffement climatique.

Pour Blatten, nous avons pu agir extrêmement rapidement. C'est bien. Mais pourquoi pas pour une vague de chaleur aussi violente que celle-ci et pour tout ce réchauffement climatique qui a des conséquences désastreuses année après année, décennie après décennie ? Des promesses ont été faites avec l'Accord de Paris, par exemple. Pourquoi ne faisons-nous pas au moins le minimum pour les tenir ? Nous n'y arriverons pas et cela ne semble effrayer personne. Plus que cela, plus que de ne rien faire, on efface les réalités. Les mots qu'on ne peut plus prononcer. Ce sont des méthodes utilisées par le président américain Donald Trump.

Alors j'ai une question. Allez-vous lui emprunter une autre méthode ? Vous savez que M. Trump a aussi décidé de changer le nom du Département de la défense en Département de la guerre. Allez-vous renommer votre département en Département des terres brûlées, du pétrole, du nucléaire et de la censure ? Est-ce cela, la nouvelle politique qui va peut-être pouvoir rendre encore plus difficiles les crises auxquelles nous sommes en train de faire face ?

Enfin, rien pour la place financière. Pourtant, elle a un impact vingt fois plus grand que le reste. C'est un des véritables leviers d'action de notre pays. Une initiative populaire a été déposée pour enfin la pousser à faire quelque chose.

UBS investit massivement, des dizaines de milliards, dans les énergies fossiles. Et pourtant, UBS est sauvée par notre Parlement. On veut subventionner ses fonds propres, mais on ne fait rien pour la contraindre à faire quelque chose de bien pour la société et au moins à éviter ces investissements désastreux.

Où est le plan d'action ? Il n'y a aucun plan en vigueur. Rien n'est fait pour s'attaquer à cette crise majeure. Mais la population souffre et souffrira encore. N'oubliez pas : se battre pour l'environnement, ce n'est pas juste se battre pour la planète, pour les terres, pour les territoires, c'est d'abord se battre pour nous toutes et tous. Aujourd'hui, il y a urgence. Cet été est une énième alarme. Réveillons-nous !

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