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Hervé Gullotti · SP

de
Grosser Rat (BE)12.03.2024
Hervé Gullotti, Tramelan (PS), intervenant à titre personnel. Je remercie les dépositaires de l’intervention d’avoir remis une compresse sur une thématique qui me tient à cœur et pour laquelle je n’ai pas réussi à faire entendre ma voix lors du débat de la motion (M 040-2019) qui est mentionnée dans le présent texte. En 2019, cette motion invitait le canton à poursuivre la tâche que s’était donnée la Direction de la santé de l’époque et qui consistait à élaborer un rapport sur l’état de la pauvreté dans le canton de Berne durant la décennie 10 de ce siècle. Celle-ci avait été rejetée.

Dans la réponse à ladite intervention, le Conseil-exécutif écrivait qu’il fallait attendre que les projets de réforme en cours montrent leurs effets et que la réalisation d’un rapport n’aurait de sens que dans quelques années. Or, à l’époque comme aujourd’hui, attendre n’est pas une solution. Je pense toujours qu’il est urgent d’agir et qu’il est urgent de se donner le courage d’affronter la réalité sociologique dans notre canton.

La pauvreté possède de multiples visages, visibles et insoupçonnés. Elle n’est pas seulement le fait de chiffres fournis par l’Office fédéral de la statistique, d’un manque de responsabilisation des personnes concernées ou d’une carence en termes d’insertion sur le monde du travail. Elle plonge ses racines dans divers et multiples terreaux qu’il faut identifier absolument pour prendre les mesures adéquates.

La pauvreté ne peut pas être délimitée à l’aspect monétaire ou cantonnée à l’aide sociale. D’autres cantons qui se sont lancés le défi de se pencher sur cette thématique prennent en compte des critères plus larges comme la situation économique, la formation, la santé, le logement, les relations sociales, la participation politique.

La proposition de cette motion ne peut attendre que la Confédération se décide à produire une analyse. Identifier aujourd’hui les sources de la pauvreté dans notre canton, c’est réduire les coûts à moyen et long terme de l’aide sociale et c’est travailler à combler le fossé social qui existe mais qui n’est toujours pas distinctement perçu.

Et là, je fais du pied à tous mes collègues maires dans cette salle qui se préoccupent d’identifier la pauvreté dans leur commune : pression par le pouvoir d’achat, difficultés de certains concitoyennes et concitoyens à payer leurs factures d’électricité... – tout cela nous invite à nous préoccuper de ces personnes qui se trouvent dans une zone grise en dessous des radars, en dehors de l’aide sociale mais dans une pauvreté avérée. Je vous remercie de votre attention et vous invite donc à adopter la motion.

Institution
Grosser Rat

Data: OpenParlData · CC BY 4.0