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Tom Gerber · EVP

de
Grosser Rat (BE)06.03.2024
Tom Gerber, Reconvilier (PEV), porte-parole de groupe. Ce concordat que nous sommes appelés à approuver est un pas de plus sur un chemin qui mène Moutier à quitter le canton de Berne, mais aussi sur un chemin qui doit sceller la fin de la Question jurassienne. Un chemin qui est paré d’un certain nombre de relents émotionnels qui jouent un peu les montagnes russes, chez moi aussi, je dois l’avouer.

Le contenu de ce concordat ne peut être modifié, il nous revient donc uniquement le rôle de décider sur le paquet de cette négociation. Mon analyse porte sur quatre points.

Le premier : le résultat des négociations, est-il équilibré ? Je pense que oui parce que chaque partie ne semble pas entièrement satisfaite, et je ne le suis que partiellement, du moins si j’écoute mes tripes. Mais il me semble assez improbable d’obtenir beaucoup mieux en retournant à la table des négociations.

Le deuxième : les éléments essentiels y sont-ils ? Tout le processus vise la fin de la Question jurassienne et un des éléments essentiels en est la suppression des articles constitutionnels qui sous-tendent la Question jurassienne. La question me semble bien réglée.

Le troisième : qu’est-ce que j’obtiens par une acceptation de ce concordat ? Le processus se poursuit. Je me suis battu ici-même pour le projet ABR que vous avez largement soutenu, non sans quelques âpres débats. Et pour notre région, une bonne dynamique est en route. Avancer et terminer cette histoire qui n’a que trop duré n’est que positif.

Qu’est-ce que je peux obtenir par un refus ? Je ne crois pas que si nous recommençons les négociations, le résultat sera meilleur mais, par contre, nous rallongerons la durée et je n’y vois pas davantage. Si vous pensez que refuser le concordat permettrait d’empêcher la ville de Moutier de partir dans le canton du Jura, je pense que c’est faux. Pour ceux qui poursuivraient ce but, je pense qu’une seule possibilité vous est offerte, c’est de prendre votre bâton de pèlerin et de convaincre la population jurassienne de refuser ce concordat.

Pour ceux qui pensent que je suis naïf – parce que ça m’a été dit par rapport, notamment, aux fanatiques qui refusent de clore la Question jurassienne – je ne pense pas l’être mais je reste cohérent. J’ai dit lors d’une conférence de presse qu’il fallait laisser mourir les fanatiques avec leur fanatisme. Je persiste et je rajoute ceci : clore la Question jurassienne passe, pour tous, par une normalisation des relations et ceci induit que nous devons apprendre à passer par-dessus nos propres ressentiments. Moi aussi.

Le groupe évangélique soutiendra donc à l’unanimité l’adoption de ce concordat. J’aimerais rajouter ceci : il faudra quand même que dans les prochaines dizaines d’années, le canton de Berne soit lui aussi cohérent. – Ja, der Kanton Bern muss in den nächsten Jahrzehnten beständig sein. Es gibt keine Jurafrage mehr, und es gibt kein Eintreten auf Diskussionen, falls auf einmal eine kleine Gemeinde wieder mit Diskutieren beginnen möchte. Fertig ist fertig. Ende. Je vous remercie de votre attention.

Institution
Grosser Rat

Data: OpenParlData · CC BY 4.0