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Vincent Eschmann · Le Centre

frSEGMENT_TYPE_SPEAKER
Kantonsparlament (JU)25.02.2026Abgeordneter

M. Vincent Eschmann (Le Centre) : Permettez-moi ce petit préambule puisqu’il est question de langue française. Nous avons entendu plusieurs fois ce matin à cette tribune en introduction, "Madame(s) et Messieurs les Ministres. Madame la Présidente du Gouvernement, j’y vois un petit clin d’œil à votre ancienne collègue, et ça me fait penser un peu au refrain de la chanson, (il reste ici non pas quelque chose de Tennessee mais quelque chose de Nathalie)". (Rires.)

La motion de notre collègue Francine Stettler a été étudiée par notre groupe. Elle demande au Gouvernement de ne plus rendre obligatoire l’écriture cursive mais que l’enseignement se concentre sur ce qu’elle appelle l’écriture de base. Dans le prolongement de la position du Gouvernement qui rappelle le cadre institutionnel régissant les moyens d’enseignement romands, qu’on abrège (MER), découlant du Plan d’études romand, qu’on abrège (PER), il faut préciser deux éléments importants.

Le premier, on enseigne une seule écriture dans le moyen d’enseignement, donc on ne charge pas les élèves d’apprendre deux écritures différentes. Et ça a été dit déjà ici, les recherches montrent que ce serait contre-productif avec une seule écriture, dès la première et deuxième année, l’apprentissage est facilité.

Deuxième élément, l’écriture cursive aide à de meilleurs apprentissages en orthographe et en syntaxe, donc en construction des phrases. Elle permet de beaucoup mieux séparer les mots, elle est également plus aidante dans les situations de prise de notes. Enfin, elle est plus simple, on écrit de gauche à droite et de haut en bas.

Plus tard, en 5-6e année, l’élève personnalise son écriture dans un phénomène de glissement vers celle-ci. A l’école secondaire, on remarque qu’il y a encore un petit nombre d’élèves, qui diminuent au fil des années du secondaire, qui utilisent encore l’écriture liée, l’écriture cursive. Les décisions prises par la CIP, cela a été dit ici plusieurs fois, qui est en charge de l’élaboration des moyens d’enseignement romands, l’ont été après plusieurs années de travaux de recherche et de réflexion, notre collègue y a fait allusion avant, qui ont été validés dans des groupes composés d’enseignants de tous les cantons romands, y compris Berne francophone et bien sûr le Jura. Outre le lien avéré entre le cerveau et le geste manuel d’écriture, cela a été relevé ici aussi, il y a lieu également de relever l’aspect culturel lié à la langue française qui a conduit vers ce choix d’une écriture liée, de même le fait qu’elle constitue une aide à la lecture et à la compréhension écrite. Enfin, comme il n’y a pas de Plan d’études cantonal mais un Plan d’études romand, il nous apparaît donc que l’intervention parlementaire n’est pas la bonne voie pour atteindre l’objectif que notre collègue s’est fixé, mais qu’il serait nécessaire d’évaluer avec les praticiens la pertinence des nouveaux moyens d’enseignement de français qui viennent d’être introduits à l’école primaire en Suisse romande, en particulier justement dans cette séquence d’apprentissage consacré à ce qu’on appelle le geste d’écriture.

En conclusion, vous l’aurez compris, le groupe du Centre ne soutiendra pas la motion.

Transcript
ju.recapp.ch
Institution
Kantonsparlament

Data: OpenParlData · CC BY 4.0