Anael Lovis · Parti libéral-radical
M. Anael Lovis (PLR) : Le motionnaire étant indisposé pour cause de présidence du Parlement, me revoilà. Aujourd'hui, la répartition des rôles entre les ministres et les chefs de service est perfectible. Avec les sollicitations constantes de leurs services, l'Exécutif est certes bien informé du fonctionnement de l'administration et des différents départements, mais il se retrouve impliqué dans trop de tâches opérationnelles. J'en veux pour preuve le fait de devoir signer chaque dépense supérieure à 2'000 francs ou d'approuver des modifications des ressources humaines pour les collaborateurs. Le but de la présente motion est de redonner aux chefs de service plus de responsabilités tout en libérant du temps pour les ministres afin qu'ils puissent se concentrer davantage sur les aspects stratégiques et visionnaires. Avec les enveloppes budgétaires pour les chefs de service, nous voulons accroître l'autonomie et la réactivité au sein des services en permettant des décisions financières rapides et adaptées. Une responsabilisation accrue permettrait une allocation des ressources plus rapide et plus efficace, en ligne avec les priorités opérationnelles de chaque service. De plus, cette autonomie renforcée contribuerait à augmenter la motivation et l'attrait du poste de chef de service, un enjeu crucial pour garantir la stabilité de ses fonctions. Comme le Parlement l'a déjà souligné par le passé, cette approche permettrait de réduire le turnover et d'éviter que les postes ne soient trop souvent vacants. Les chefs de service connaissent parfaitement leur domaine et sont, à notre avis, les mieux placés pour adapter les ressources aux besoins spécifiques de leur département. Cela permettrait de prioriser les actions sans la nécessité de préparer des dossiers lourds et de faire des allers-retours fréquents entre le Gouvernement et les services. Cette nouvelle organisation réduira également la charge administrative, allégeant ainsi le fardeau du Gouvernement tout en favorisant une gestion plus agile et adaptée. Cette motion vise avant tout à améliorer la collaboration entre les services et leur ministre de tutelle. Elle ne cherche en aucun cas à diminuer les prérogatives du Parlement en matière de prise de décisions budgétaires. De plus, il n'est pas question d'octroyer un chèque en blanc à chaque chef de service, mais plutôt de trouver un meilleur équilibre que l'actuelle limite de 2'000 francs assez rigide. Ainsi, on pourrait envisager qu'à partir d'un certain montant, la compétence revienne au ministre en charge. Compte tenu de la diversité des services, il serait pertinent de fixer un montant compris entre 20'000 et 50'000 francs en fonction de la taille et des besoins spécifiques de chaque département. Si la motion est acceptée, il sera possible d'affiner ce montant en commission pour éviter des déséquilibres trop importants. En effet, 50'000 francs pour le chef de l'Office de la culture n'aura pas le même impact que pour le chef du Service des infrastructures. Il est évident que cette nouvelle méthode de gestion continue un changement de culture au sein de l'administration et elle devra évidemment être accompagnée d'une formation spécifique des chefs de service afin qu'ils puissent maîtriser pleinement cet outil et l'utiliser de manière optimale. Cette pratique des enveloppes budgétaires est déjà largement utilisée par de nombreux cantons romands et alémaniques et elle a prouvé son efficacité. Elle n'est plus remise en question dans ces cantons et les résultats positifs sont indéniables. Bien entendu, une telle mise en place dans le Jura nécessitera des ajustements et quelques aménagements pour s'adapter à la réalité locale, mais cela constitue un pas important vers une amélioration des processus et du fonctionnement de l'Etat. Comme cela a été souligné, cela concerne d'abord l'Exécutif jurassien et ses services, mais cela ne doit en aucun cas limiter la marge de manœuvre des parlementaires. Cette motion se veut pragmatique et flexible afin de s'adapter à la réalité du terrain. C'est pourquoi elle ne définit pas d'éléments trop précis, mais propose un cadre qui pourrait être affiné en commission et selon les propositions du Gouvernement. Pour toutes ces raisons, je vous propose d'accepter la motion no 1510.