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Michel Périat

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Discurs(23)
  1. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneterKantonsparlament

    M. Michel Périat (PLR) : Une planification hospitalière supra-régionale est en Suisse une vieille histoire de très longtemps. Mais si on remonte simplement en 2006, un conseiller fédéral lançait un pavé dans la mare en prétendant que 40 hôpitaux seraient suffisants pour toute la Suisse. En 2009, le même conseiller fédéral proposait de supprimer 200 hôpitaux sur les 350 existants, donc d’en laisser 150 en fonction. En trois ans, on passait de 40 à 150, on voit déjà ce qu’on peut dire. Le même conseiller fédéral précité proposait que les patients aillent se faire opérer en Allemagne pour diminuer les coûts de la santé. A cette époque, nous recherchions des solutions pour trouver un système de santé cohérent avec des spécialistes européens, canadiens et américains.

    Le premier paragraphe de votre motion m’a beaucoup surpris. Vous dites que la fragmentation du système de santé entre les cantons engendre une inefficacité considérable et une utilisation inutile des ressources. Est-ce vrai ? Peut-être. Est-ce que s’est prouvé ? Est-ce que des études l’ont démontré ? Sur quelles études vous basez-vous pour formuler ces affirmations ? Vous parlez aussi de surcapacité, c’est probablement possible, mais est-ce que c’est démontré ? Non. Est-ce que cette situation menace l’économicité et la qualité des soins à long terme ? Moi, j’en doute quand même, la qualité des soins chez nous elle est quand même pas mal. Sur quels critères et quelles études vous basez-vous pour affirmer de telles choses ? Je passerai sur les paragraphes touchant l’Hôpital du Jura puisque tout a été dit aussi bien par Monsieur le Ministre d’une manière beaucoup mieux que ce que je pourrais le faire, par Monsieur Meury également.

    Vous proposez une planification contraignante des infrastructures de santé, une coopération contraignante et suprarégionale. Vous affirmez que la dominance des intérêts particuliers, peut-être, les conflits d’intérêts, oui, l’absence de vision à long terme, oui, mine le système de santé tout entier, ce qui n’a malheureusement pas changé depuis que nous l’avions démontré et cela il y a plus de 30 ans. Est-ce qu’une planification contraignante aurait un effet sur ces éléments ? Venons-en à une de vos propositions, elle a été commentée, qui était intéressante et qui avait été beaucoup développée il y a une trentaine d’années, sur ce que vous appelez les régions de santé et que nous avons appelé, nous, les bassins de santé. Vous en donnez une définition qui était à peu près celle qui avait été donnée à l’époque par le professeur Antoine Bailly, un géographe et économiste mondialement connu.

    Les bassins de santé, pour nous, étaient compris d’une manière très particulière mais je ne vais pas le développer maintenant. Je regrette surtout une chose. C’est que personne et vous en particulier, ne parle que des coûts de la santé sans aborder l’aspect investissement. Si la santé coûte, elle représente aussi un marché économique très important. Y toucher sans réflexion approfondie peut entraîner des dégâts économiques et sociaux inestimables. Enfin, ne parler que des hôpitaux, c’est très réducteur, ça a été dit, il faut parler de la santé comme d’un système dans toute sa globalité. Après 30 ans de réflexion sur les systèmes de santé dans le cadre du groupe de Medicométrie, nos propositions étaient de faire ce qu’on a appelé un Conseil des sages qui comprenait non seulement les malades, les médecins, le personnel médical, les politiciens mais aussi les acteurs des secteurs secondaires et tertiaires, les administrateurs d’hôpitaux, de cliniques, assureurs privés et publics, industriels, pharmaceutiques, biomédicaux, économistes spécialisés en sciences sociales et humaines, ça fait du monde. L’expérience de ce Conseil des sages m’autorise à dire que les problèmes d’un système de santé ne peuvent se résoudre que par une analyse globale de la situation, ça a été dit.

    C’est parce que cette initiative est trop restrictive ne concernant que les hôpitaux, sans vision globale de la santé que le groupe PLR s’y oppose. Sans vision globale, on pourrait être amené à supprimer des hôpitaux sans tenir compte de nécessité régionale. Ou, pour en revenir au raisonnement du conseiller fédéral précité, on pourrait imaginer être contraint à supprimer les hôpitaux entre Berne et Bâle. En conclusion, ce type d’exercice n’est jamais à l’avantage des régions périphériques. Notre groupe refusera donc l’initiative en matière fédérale.

  2. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    M. Michel Périat (PLR) : Notre groupe s’est penché de manière approfondie sur cette motion. De nombreuses choses existent déjà, on nous en a exposé toute une série dans la prise en charge des personnes âgées. Leur proposer un accueil et des conditions agréables dans notre canton est évidemment louable, voire même souhaitable. Toutefois, la motion ne précise pas jusqu’où l’Etat doit aller ? Que devra contenir cette loi ? Et des fois, quand on voit tout ce qui se fait, on peut se demander s’il faut vraiment une loi. Jusqu’où voudra-t-il aller pour soutenir les seniors ? Si l’on peut comprendre à demi-mot que l’objectif est de mettre en place une structure étatique comme en Valais, on l’a même dit, on ne peut pas chiffrer de manière correcte le coût d’une telle série de mesures. Il apparaît alors à d’autres groupes qu’une analyse des besoins et des solutions possibles pourrait être nécessaire. Cela permettra également de mettre un coût sur la mise en place d’une telle mesure. Notre groupe refusera la motion mais soutiendra le postulat si l’auteure accepte de la transformer.

  3. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    M. Michel Périat (PLR), rapporteur de la majorité de la commission de la santé et des affaires sociales : Le choix est de savoir si on utilisera le mot contribution ou subvention qui sont deux formes de soutien financier. La contribution implique généralement une contrepartie ou une implication active du bénéficiaire. Le contributeur et le bénéficiaire conviennent ensemble des objectifs et assurent le suivi des résultats attendus. Il s’agit souvent d’une responsabilité partagée dans la gestion ou la réalisation des projets. A l’inverse, la subvention est un principe non remboursable et octroyé par l’autorité pour soutenir, faciliter, encourager une activité d’intérêt général qui peut être culturelle, sociale ou économique. Elle n’implique généralement pas de contrepartie directe. Le bénéficiaire conserve une certaine liberté d’utilisation des fonds dans le respect du cadre fixé par le Canton qui accorde la subvention. Ainsi, la contribution suppose un véritable partenariat et une participation active alors que la subvention s’apparente davantage à un soutien unilatéral, sans engagement fort du donateur dans le projet.

    Dans le cas d’une contribution, un rapport d’activité précis est souvent exigé, contrairement à la subvention ou la contrepartie directe reste rare, bien que certaines obligations administratives persistent. La contribution est soumise à des modalités plus strictes alors que la subvention offre généralement davantage de souplesse. Enfin, la contribution est souvent partagée entre plusieurs acteurs publics dans le cadre de cette loi et pendant un certain nombre d’années entre le Canton du Jura et la Confédération.

    Après ces définitions, notre parti a choisi la contribution et non la subvention comme choix et nous vous proposons, en fonction de ce que j’ai dit, de choisir ce mot plutôt que l’autre.

  4. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    M. Michel Périat (PLR) : Beaucoup de choses ont déjà été dites et si j’avais une baguette magique, je vous promets que vous auriez votre centre demain. Je suis tout à fait pour un centre comme celui-là. Le seul problème, c'est que c’est difficile, pour avoir travaillé beaucoup dans toutes ces situations. Je veux répéter deux ou trois choses qui ont été dites, pour que tout le monde comprenne bien de quoi il s’agit.

    Vous avez bien compris que les troubles alimentaires sont quelque chose de complexe et qu’il n’y a pas que l’anorexie. L’anorexie, évidemment, c’est quelque chose de frappant mais il y a aussi tout ce qui est la boulimie, l’hyperphagie, l'hyperphagie nocturne, la potomanie, vous savez probablement tous ce que c’est. Si vous ne le savez pas, ce sont des gens qui boivent jusqu’à 20 litres par jour. Madame Kradolfer l'a très bien dit, les choses se passent plus dans la tête que dans le corps mais c’est le corps qui en souffre.

    L’étude de l’OFSP dont on a parlé, date comme on l’a dit de 2010 et ces TCA touchent 3,5% de la population. Comme on l’a dit, ces troubles touchent de nombreux volets et ce qui n’a pas été dit, ou si cela a été dit je ne l'ai pas entendu, l’anorexie représente 0,2% des troubles chez les hommes et de 1,2% chez les femmes, sur une étude faite par l’Université de Zurich en 2015.

    Quand on parle de 3,5, il s’agit de la prévalence. Moi, j’ai toujours du mal entre la prévalence et l’incidence. La prévalence, c’est le pourcentage à un moment donné de la maladie. Cela ne veut pas dire que ce sont 3,5% qui sont malades. Alors que l’incidence, c’est le nombre des cas par année.

    Si on parle de l’anorexie, la création d’un hôpital de jour ou d’une unité est quelque chose d’absolument indispensable. Seulement, pour avoir travaillé longtemps et encore y travailler, par exemple, à la création d’un hôpital ou à la création de structure médicale en cardiologie à l’époque où j’étais au comité central, c’est quelque chose qui n’est pas simple. Si on reprend ce qui se fait maintenant dans le canton. A l'Hôpital du Jura, on a une structure pour les obèses mais vous l’avez bien dit, on soigne le corps plus que la tête. Comme je suis un vieux médecin, pour que vous vous rendiez compte que quand j’ai commencé la médecine, les obèses morbides, ceux dont le BMI est supérieur à 40, savez-vous ce qu’on leur faisait ? On leur cousait la bouche. Je l’ai vu. On laissait un trou pour une paille. Maintenant on coud toujours mais on coud l’estomac pour le rétrécir. Et effectivement, on traite le somatique mais peu le psychique, parce que ces gens, quand ils sont vraiment malades de leur obésité, eh bien, ils trouveront tous les trucs pour manger. Les anorexiques se font vomir, comme vous le savez.

    Qui va organiser un tel centre ? J’ai un petit peu regardé. Est-ce que vous le donneriez à l’H-JU ? Est-ce que vous le donneriez au Service de la santé ? Est-ce que vous utiliseriez une institution privée ? Ou est-ce que vous travailleriez avec la psychiatrie de Moutier ? Il faut avoir malgré tout un organe de référence et les quatre que j’ai trouvé sont ceux-là. Si c'est Moutier, ce sera privé. Si c’est un organisme privé, ce sera privé, mais à la limite, pourquoi pas ? Mais ça demande une structure et ce n'est pas simple d’organiser quelque chose comme ça.

    Si l’on revient à l’anorexie puisque c’est quand même un des problèmes majeurs, que se passe-t-il quand une anorexique ou un anorexique est hospitalisé-e et malade avec un risque vital ? L’Hôpital du Jura peut offrir une structure avec deux lits qui permettent de soigner surtout le somatique, avec une équipe qui a appris son job. Mais la grande carence que l’on a dans le canton, je suis content d’avoir entendu tout à l’heure qu’on avait des psychiatres, moi je n'en trouve pas beaucoup quand on en cherche, je vous promets que c’est difficile. En ce qui concerne l’Hôpital du Jura, il peut déjà assumer un certain suivi alimentaire, mais comme vous l’avez dit, le problème psychique n’est pas là. A mon avis, on doit utiliser la structure de l’hôpital dans un premier temps. Dans un second temps, vous l’avez dit tous et je le répète, on doit malheureusement envoyer les gens ailleurs. Une structure d’anorexie dans un hôpital que ce soit de Saint-Loup, Vaud ou Genève, je vous assure que c’est très compliqué. Ce sont des gens qui sont enfermés dans une chambre, qui n’ont pas le droit de voir la famille, qui de temps en temps n’osent pas sortir parce que le contact semble-t-il avec l’extérieur, risque de les "polluer". Donc, le faire dans le Jura, cela compliquerait beaucoup mais pourquoi pas ?

    La troisième phase est donc celle où les gens rentrent et peuvent être pris en charge. Peut-être que vous savez qu’il faut quand même qu’ils s’alimentent de manière particulière. Il faut une prise en charge psychiatrique que l'on ne trouve que très difficilement, mais j’ai appris tout à l’heure que c’était beaucoup plus facile que ça. Et la deuxième chose, c’est l’alimentation. Il y a des gens qui sont formés à l’hôpital pour favoriser des alimentations aussi bien pour les obèses que pour les anorexiques. Mais peut-être que vous ne le savez pas, si un patient veut aller à l’hôpital, il doit être adressé par son médecin traitant. Le médecin traitant doit l’adresser à l’hôpital ou alors Saint-Loup leur demande de prendre en charge ces patients pour essayer de refaire une alimentation ou leur donner en tout cas les alimentations correctes. Il faut évidemment, comme vous le savez, contrôler les électrolytes, contrôler les paramètres sanguins, contrôler la cachexie, contrôler l'ostéoporose. C’est un domaine qui est vraiment le propre d’un spécialiste. La création d’une telle unité est à mon avis difficile et si elle veut être efficiente, elle doit vraiment être étudiée, comme l’a dit Monsieur Gerber.

    Pour tout ça, après en avoir beaucoup discuté avec plusieurs, nous, on recommande plutôt le postulat. Mais comme l'a aussi dit notre ministre, il ne faut pas le mettre dans un tiroir. Mais le travail est tellement vaste, tout réunir est tellement compliqué. J’ai discuté avec le directeur de l'Hôpital et il m’a dit : "Il faut se mettre autour d’une table pour coordonner les choses". Je suis allé au Service de la santé et par chance, on avait une réunion du Conseil de la santé dont peut-être vous le savez, je suis le président et je leur ai demandé ce qu'ils feraient avec une motion comme celle-là. Personne ne peut répondre. Le Service de la santé dit qu'il faut se mettre autour d’une table. J’ai téléphoné à quelques amis professeurs dans des cantons ailleurs, entre autre, le professeur Darioli, que je connais bien et qui est l’ancien président de la Société suisse d’alimentation. Il m’a dit qu'il faut se réunir autour d’une table, il faut que tous les groupes réussissent à trouver une solution globale, car ne pas trouver une solution globale, c’est probablement aller à l’échec et à manquer d’efficience.

    Alors, qu’est-ce que je peux vous dire d’autres ? Nous, on est pour le postulat parce que ça permet d’étudier plus de choses, mais sachez bien, Madame Kradolfer, que ce projet est votre projet et que de temps en temps, comme m’a dit quelqu’un, il faut peut-être prendre des spécialistes qui vont gérer ce problème. Vous êtes probablement spécialiste, moi pas, mais il faut des spécialistes qui vont décider de la structure la meilleure à donner et je vous promets, pour avoir fait ce genre de choses dans d’autres situations, ce n’est pas simple et ce n’est pas à notre portée. Je ne sais pas si des gens se sentent compétents ici mais en tout cas pas moi.

    Pour toutes ces raisons, malheureusement, je vous dits que nous soutiendrons le postulat. Je dits malheureusement parce que je suis triste, mais pour nous, c’est la seule manière d’y arriver. En revanche, il faut avancer, je suis d’accord. Ca fait 50 ans qu’on essaie de trouver, ce n’est pas une raison pour attendre 50 ans de plus.

    Notre groupe, en tout cas moi, je soutiendrai le postulat. Je pense que notre groupe le soutiendra aussi.

  5. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    M. Michel Périat (PLR) : Le groupe PLR se rallie à la position du Gouvernement. Les arguments de Monsieur le ministre Gerber sont suffisants.

    Cela ne veut pas dire que nous sommes contre le DEP. Quant aux problèmes des coûts de la santé, le jour où le politique les résoudra, peut-être que plus personne d’entre vous ne sera pas là si on ne change pas de système. Le groupe PLR, à l’unanimité, ne soutiendra pas cette motion.

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  • Versiun 1
    01.01.2025 – 31.12.2199

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