Francine Stettler
- Function
- Députée
- Party
- Schweizerische Volkspartei
- Parliament
- Kantonsparlament
- Electoral district
- Delémont
- Parliament page
- Official profile
- Gender
- Female
- Marital status
- Célibataire
- Occupation
- Enseignante
- Language
- French
- Address
- Route de Bellerive 47
2800 Delémont
- Source body
- JU
- Record updated
- 04.07.2026
- First imported
- 14.08.2025
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- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechAbgeordneteKantonsparlament
Mme Francine Stettler (UDC) : J’aimerais rapidement revenir sur quelques points. On y dit d’abord que cette motion remettrait en cause le cadre institutionnel romand du Plan d’études et de la CIIP. Le Plan d’études romand fixe un cadre commun certes, mais il laisse une marge d’adaptation aux cantons. Cette marge existe précisément pour tenir compte des choix pédagogiques propres à chaque canton. Le Canton du Jura utilise peu cette possibilité, c’est vrai, mais d’autres cantons romands comme Genève ou Vaud adaptent régulièrement certains domaines à leurs spécificités sans que cela ne remette en cause la cohérence intercantonale.
Et franchement, si nous avons des concordats, ce n’est pas pour nous restreindre ou nous empêcher d’évoluer, ils sont là pour garantir une base commune, pas pour figer toute réflexion. La plupart des arguments qui ont été cités concernant les motricités fines ne sont aussi pas remis en cause par cette écriture de base et ça, ça a vraiment été dit par quasiment chacun d’entre vous.
Monsieur le Ministre, vous avez aussi cité plusieurs études et je suis un peu déçue quant vous avez parlé de l’étude de la Conférence des directeurs Suisse alémanique comme peu convaincante.
Concernant les moyens d’enseignement romands construits sur la cursive, je rejoins le Gouvernement sur un point. Oui, le moyen d’enseignement spécifique à l’apprentissage de l’écriture devrait être adapté, mais uniquement celui-là. Les autres moyens d’enseignement ne seraient en rien impactés, il ne s’agit pas de revoir l’ensemble des moyens d’enseignement, mais bien le support dédié à l’écriture manuscrite. Et pour terminer, encore un point non négligeable, le canton de Berne avait déjà lancé la discussion avec un postulat au Grand Conseil sur cette discussion. A travers un postulat, il demandait l’utilisation de cette écriture de base dans la partie francophone du canton et le postulat a d’ailleurs été accepté à l’unanimité.
Le Gouvernement bernois affirme en 2020 qu’il lancera la discussion au sein des organes romands. Cela n’a provoqué aucun aucun bouleversement en Romandie et finalement, rien n’a changé pour le reste des cantons latins. Peut-être à préciser que dans le canton de Berne, ils ont du coup le libre choix de l’écriture. Nous ne sommes donc pas si seul.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechAbgeordneteKantonsparlament
Mme Francine Stettler (UDC) : L’apprentissage de l’écriture est l’un des piliers fondamentaux de la scolarité obligatoire. Ecrire à la main ne consiste pas seulement à tracer des lettres, c’est structurer sa pensée, mémoriser et organiser ses idées. Aujourd’hui, dans notre canton, nous enseignons encore l’écriture cursive liée comme modèle obligatoire. Pourtant, depuis 2014, tous les cantons alémaniques ont introduit la "Basisschrift", cette écriture de base ou écriture scripte simplifiée, plus proche des caractères imprimés.
Cette décision n’a rien d’improvisé, elle fait suite à un rapport scientifique approfondi mené avant son introduction, rapport qui comparait les différents modèles d’écriture scolaire. Sur la base de ces conclusions, la Conférence des directeurs cantonaux Suisse alémanique a recommandé l’adoption de cette écriture de base. Depuis bientôt dix ans, elle est utilisée dans l’ensemble de la Suisse alémanique. Elle a donc fait ses preuves. Que dit précisément ce rapport ? Il montre d’abord que les élèves formés avec l’écriture de base produisent des textes globalement plus lisibles que ceux ayant appris la cursive traditionnelle. Il met également en évidence que l’écriture est plus fluide et surtout moins crispée. La cursive liée impose de nombreuses liaisons obligatoires et des changements fréquents de direction du geste. L’écriture de base, elle, permet de lier les lettres lorsque cela est naturel et efficace, mais évite les enchaînements artificiels qui compliquent inutilement le mouvement. Le geste devient plus ergonomique, plus simple et plus fonctionnel.
Mais un élément me paraît particulièrement important, l’autonomisation du geste. Le système traditionnel fonctionne en trois étapes. On apprend d’abord le script en 1P et 2P, l’écriture liée, puis on doit réapprendre une écriture scripte un peu plus tard au niveau secondaire. Cela demande beaucoup d’efforts pour un modèle que, dans la réalité, presque personne n’utilise ensuite tel quel.
L’écriture de base, au contraire, propose un apprentissage continu et cohérent. Les élèves développent progressivement leur écriture personnelle à partir d’une base stable. Et lorsque le geste graphique est plus rapidement automatisé, les élèves peuvent consacrer davantage de ressources cognitives à l’essentiel, l’orthographe, la construction des phrases et l’organisation des idées.
Le rapport montre ainsi que simplifier l’écriture améliore indirectement la qualité des textes produits. Et au-delà des résultats mesurables, l’acceptation par les enseignants qui l’enseignent est élevée et les élèves déclarent plus souvent apprécier l’acte d’écrire.
J’aimerais maintenant revenir à un enjeu central, la cohérence entre lecture et écriture. Aujourd’hui, nous lisons presque exclusivement des textes en caractères imprimés, dans les livres, sur les écrans et même dans les supports pédagogiques. Pourtant, nous demandons aux enfants d’écrire dans un système graphique qui s’en éloigne fortement. Pour un enfant en plein apprentissage, cela signifie gérer deux codes différents. Cela est particulièrement problématique pour les élèves concernés par la dyslexie. La dyslexie est un trouble spécifique et durable de l’apprentissage de la lecture.
Concrètement, un enfant dyslexique peut avoir des difficultés à associer un son à une lettre, à reconnaître rapidement certaines formes ou à automatiser la lecture des mots. Si en plus l’écriture qu’il doit produire diffère fortement de celle qu’il lit, il doit sans cesse passer d’un système graphique à un autre. Cette double charge augmente la confusion et ralentit l’apprentissage. Prenons un exemple simple, un enfant qui peine déjà à distinguer certaines lettres en scripte comme le B et le D doit encore apprendre des formes différentes, dans ce cas le B, en cursive, avec d’autres gestes, d’autres liaisons. Ce n’est pas un détail esthétique, c’est une difficulté supplémentaire. Et franchement, qui dans cette salle écrit encore entièrement en cursive liée ? Très peu d’entre nous, probablement. La plupart des adultes ont développé une écriture hybride, partiellement liée, proche du script.
Pourquoi imposer aux élèves un modèle que nous-mêmes n’utilisons plus ? Je connais des adultes concernés par la dyslexie qui n’ont jamais réussi à faire évoluer leur écriture. Ils écrivent encore en cursive liée de manière crispée avec le sentiment d’être comme des débutants. Nous pouvons éviter cela aux générations futures.
Et avant de conclure, je tiens cependant à être très claire, il ne s’agit en aucun cas de supprimer l’apprentissage de l’écriture manuscrite. L’écriture à la main est essentielle au développement cognitif et moteur, ce n’est pas le débat. Ce que nous demandons est simple, adapter notre plan d’études afin que la cursive liée ne soit plus obligatoire. Il s’agit d’enseigner une écriture cohérente avec ce que les enfants lisent, il s’agit de simplifier l’apprentissage sans en diminuer l’exigence, il s’agit de soutenir tous les élèves, en particulier les élèves en difficulté et il s’agit d’offrir à notre école un outil moderne, fonctionnel et éprouvé. Je vous remercie de votre attention et votre soutien.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechKantonsparlament
Mme Francine Stettler (UDC) : Pour la présidence de la commission de l’économie (CEC), le groupe UDC a le plaisir de vous proposer la candidature de Monsieur le député Alain Koller. Alain Koller est né à Bourrignon et n’a jamais quitté son village. Il a repris le domaine agricole de son père, il y a bientôt 20 ans et est marié à Liliane Koller-Broquet. Ils n’ont pas d’enfant, du moins au sens classique du terme. En revanche, il n’est pas rare d’entendre Alain parler de ses enfants, mais il s’agira alors de ses chiens, auxquels il accorde visiblement beaucoup d’attention. Député depuis 2019, Alain Koller connaît bien le fonctionnement de ce Parlement ainsi que celui des commissions, puisqu’il a siégé durant toute cette période à la commission de l’environnement. Par sa profession d’agriculteur, il entretient un lien très concret avec les réalités économiques de notre canton et, en tant qu’indépendant, il dispose d’une vision pragmatique et équilibrée, particulièrement précieuse pour cette fonction. Nous estimons que son sens de l’écoute, son esprit de dialogue et sa connaissance du terrain seront des atouts importants pour assumer le rôle de président de la commission de l’économie.
Pour terminer, je vous informe que notre groupe soutiendra l’ensemble des candidatures aux présidences de commission et je profite de cette tribune pour vous souhaiter à toutes et à tous de très belles fêtes de fin d’année.
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- PostulatUrheber/inReconnaissance de la maîtrise de classeNo. PO 492
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