Jude Schindelholz
- Function
- Suppléant
- Party
- Parti socialiste
- Parliament
- Kantonsparlament (JU)
- Electoral district
- Delémont
- Parliament page
- Official profile
- Gender
- Male
- Marital status
- Marié
- Occupation
- Collaborateur scientifique
- Language
- French
- Address
- Rue des Pierres 4
2800 Delémont
- Source body
- JU
- Record updated
- 09.09.2026
- First imported
- 14.08.2025
- CONTREKantonsparlamentResult: 22 Yes · 30 No · 7 Abst. · 0 Absent
- POURKantonsparlamentResult: 58 Yes · 1 No · 0 Abst. · 0 Absent
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M. Jude Schindelholz (PS) : J’aimerais en premier lieu remercier les différents groupes pour leur soutien. Je crois que le constat est vraiment partagé sur les difficultés qui touchent actuellement la forêt, mais j’aimerais surtout répondre à l’UDC, à notre collègue Alain Koller, qui a fait feu de tout bois. Voilà, merci, c’était pour voir qui écoutait. (Rires.)
Je crois que les critiques ont été assez véhémentes, mais je crois qu’il y a une fausse compréhension de ce qu’on peut attendre de ce plan directeur et de la répartition des rôles dans cette affaire. La forêt n’est pas du tout sans pilote, personne ne considère que la forêt est sans pilote, simplement l’Etat, le Canton, s’il veut apporter un soutien dans cette thématique, et je crois que ce soutien est nécessaire et pas forcément des contraintes, l’Etat n’apporte pas que des contraintes à notre population, à nos entreprises. Dans tous les domaines, l’Etat apporte aussi un appui et un soutien, comme ça a été relevé par mon préopinant du PCSI. Et pour apporter ce soutien, cet appui, il faut se baser sur une vision, sur des instruments qui soient aussi élaborés en partenariat, et c’est ce travail qu’on demande maintenant de faire au Canton. Et je crois vraiment qu’il n’y a aucune insulte de la part de toutes les personnes qui soutiendront cette motion auprès des personnes qui sont actives sur le terrain, qui font un travail difficile, comme ça a aussi été souligné, dans ces conditions justement de plus en plus difficiles, et c’est au contraire l’idée de leur apporter un soutien, une aide grâce à des moyens supplémentaires, de nouveaux outils, etc., et à aucun moment nous ne souhaitons augmenter la paperasse ou centraliser quoi que ce soit avec cette motion. C’est dit évidemment à cette tribune, ça figurera au procès-verbal et ça pourra bien être pris en compte lors de la mise en œuvre de cette motion si elle est acceptée, ce que je souhaite évidemment.
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M. Jude Schindelholz (PS) : La forêt suisse n’a jamais été autant sous pression. Nous avons assisté à une augmentation au cours des dix dernières années des atteintes à nos forêts, imputables aux événements extrêmes tels que chaleur, sécheresse et tempêtes, à l’infestation par des organismes nuisibles ou encore à la persistance de dépôts élevés d’azote. Ces constats alarmants ne sont pas de mon fait, ils sont tirés du rapport forestier 2025, publié l’an passé par l’Office fédéral de l’environnement.
Notre canton n’est évidemment et malheureusement pas épargné par ce phénomène. Souvenez-vous de l’année 2019, le dépérissement massif des hêtres avait touché près de 200’000 m3, le Gouvernement avait dû décréter l’état de catastrophe forestière face aux dangers de chutes de branches, d’arbres. Des mesures urgentes avaient dû être prises, interdiction d’accès à certains chemins, sécurisation en urgence aux abords des routes cantonales, etc., et cette catastrophe avait également eu des conséquences majeures, notamment financières, pour l’exploitation forestière. Depuis, le dérèglement climatique s’est accentué et, malheureusement, une nouvelle crise de cette ampleur est probablement fort probable et peut-être qu’une question de temps, sans être excessivement pessimiste. Il est donc de notre responsabilité d’agir.
Il faut souligner que la prise de conscience est présente, que des activités sur le terrain se réalisent dans le domaine, aussi que des échanges approfondis avec les gardes forestiers ont lieu, notamment suite à l’adoption de la motion no 1370 "Sylviculture et changement climatique en 2021".
Cependant, le principal outil de pilotage des autorités cantonales en la matière ne joue plus vraiment son rôle. En effet, le plan directeur cantonal des forêts a été élaboré en 2011-2012. Il a plus de 15 ans, il présente aujourd’hui des lacunes tant dans sa conception que face aux défis que je viens de mentionner. Nous estimons donc qu’il est indispensable d’engager rapidement sa révision.
Il faut offrir avec ce plan des perspectives claires, renforcer les outils à disposition des professionnels et répondre aux réalités auxquelles nos forêts sont concernées. Nous attendons de ce plan et de sa révision qu’elle inclue tous les acteurs concernés, évidemment les propriétaires, les triages, les communes, et que ce plan débouche sur une action globale cohérente qui inclut évidemment les mesures d’adaptation au dérèglement climatique, lutte contre le bostryche, les questions de rentabilité financière qui sont extrêmement importantes, mais aussi celles de la relève professionnelle et des besoins en formation afin que l’on puisse gérer nos forêts dans la durée. Nous mettons aussi l’accent dans la motion sur ce point essentiel, il ne faut pas faire un plan qui soit théorique, il faut vraiment que la faisabilité des mesures soit testée, évaluée et aussi qu’on réfléchisse à leur financement.
C’est important à cet égard de faire un alignement avec la stratégie intégrale pour la forêt et le bois 2050 qui vient d’être publiée par le Conseil fédéral le 12 décembre 2025. Et il faut aussi explorer d’autres mécanismes de soutien, fondations, partenariats privés, instruments fédéraux complémentaires, politique des parcs, etc.
Notre but, c’est de renforcer une vision partagée de la forêt jurassienne, une forêt qui soit capable de continuer à assurer toutes ses fonctions essentielles. La fonction économique avec la production de bois, la fonction écologique avec l’abri pour la biodiversité, filtre naturel des eaux, et le carbone aussi qui est un élément très important et qui est menacé aussi par le dépérissement des forêts et évidemment la fonction sociale avec la forêt qui est un espace de loisirs, de ressourcement tellement important pour nos habitants et habitantes.
Je vous invite donc vraiment à accepter cette révision du plan directeur cantonal des forêts et je reviendrai volontiers à la tribune pour répondre aux éventuelles interrogations ou critiques.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechKantonsparlament
M. Jude Schindelholz (PS) : On a déjà un petit peu parlé de Montesquieu à cette tribune ce matin, c’était particulièrement intéressant, je remercie Alain Schweingruber qui m’a tendu une belle perche pour cette motion. Je vais paraphraser un peu Montesquieu, "les mesures inutiles affaiblissent les mesures utiles". Je pense que ça sied tout à fait à cette motion ou la position que le groupe socialiste a sur cette motion. Ça rejoint d’ailleurs un peu ce qui a été dit par le représentant de l’UDC qui considère cette motion un peu comme un vœu pieux et qui signale qu’elle n’a aucune piste concrète, on est aussi sur cette ligne-là.
Par contre, on partage pleinement l’ambition de la motion, c’est-à-dire qu’on peut réfléchir sur la manière de rapatrier quelque part les diplômés universitaires jurassiens qui font leur vie ailleurs et je pense que c’est tout à fait pertinent d’y réfléchir, c’est une nécessité peut-être, mais la manière d’agir sur ce problème n’est probablement pas la bonne avec ce qui est proposé aujourd’hui. Si ce n’est pas la bonne et si cette proposition est peut-être inutile, c’est qu’il y a déjà différentes études sur le sujet. Ces études arrivent à la conclusion suivante, c’est que ce qui fait revenir ou pas des étudiants jurassiens ou autres, c’est vraiment les prestations qu’offre le territoire sur place. Est-ce que l’offre culturelle est performante ? Est-ce qu’il y a les emplois ? Est-ce qu’il y a les logements abordables ? Quelle est la vie culturelle, sportive, etc.? L’offre en transports publics, les services de garde, c’est vraiment ces prestations-là qui sont capitales. Et les étudiants jurassiens, ces prestations, ils les connaissent. Ils connaissent le territoire jurassien, ils ont grandi là, ils n’ont pas vraiment besoin de prestations de marketing pour leur faire connaître ce produit. C’est pour ça que cette stratégie, ou ce qui nous est proposé, vise à côté de la cible, à notre sens. Et finalement, il faut aussi s’intéresser peut-être aux priorités qu’on veut mettre dans ce Parlement. On a accepté, la majorité de ce Parlement, une motion qui demande 100 EPT en moins, charge au Gouvernement de la réaliser. Monsieur le ministre vient d’indiquer que cette motion demande un investissement financier conséquent, alors ça sera financier, mais probablement aussi en personnel, principalement pour le point deux de la motion qui indique de développer des mesures incitatives pour favoriser le retour des anciens étudiants jurassiens, notamment via des campagnes d’information, des réseaux d’alumni et un accompagnement personnalisé pour leur réinstallation. On parle donc d’un accompagnement personnalisé, à mon sens, ça ne peut se faire qu’avec des ressources en personnel relativement conséquentes et la question se pose vraiment dans ce Parlement de savoir, est-ce qu’on veut mettre les ressources limitées, dont on a disposition pour améliorer quelque part le cadre et l’attractivité générale de ce canton, ce qui profite aussi à la population existante ? Ou est-ce qu’on veut se lancer dans des mesures marketing très aléatoires, dont on a vu d’ailleurs que pour la sédentarisation des frontaliers, elles avaient eu un bilan mitigé, comme l’a dit poliment Monsieur le Ministre.
Pour ces raisons et pour des raisons vraiment d’efficacité, de pertinence des mesures, on va se prononcer contre la motion et sans qu’on en ait débattu au sein du groupe, probablement aussi contre le postulat s’il devait y avoir une transformation dans ce sens.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechSUPPLEANT_MALEKantonsparlament
M. Jude Schindelholz (PS) : Je n’ai malheureusement pas pu entendre la fin du développement de Monsieur Chapuis qui m’intéressait beaucoup, donc je vais aller à l’essentiel. On est en période électorale, la question du manque de confiance des citoyens envers les autorités revient dans tous les débats sur les bouches de tous les partis politiques. Cette motion offre vraiment une transparence pour les citoyens mais aussi pour les entreprises qui bénéficient des prestations qui viendraient à être supprimées, et aussi évidemment pour les employés de la fonction publique. Je trouve que cette motion a vraiment ce grand avantage d’offrir cette transparence. On va supprimer des postes peut-être, mais on va supprimer des prestations. Quelles sont ces prestations ? Qui est-ce qu’elles concernent ? Donc, je trouve vraiment que c’est un point très fort de cette motion.
On parle aussi beaucoup d’efficience, je ne sais pas qui a essayé de chercher quel était l’état de l’efficience des cantons suisses, parce qu’il y a des études sur le sujet. Récemment, PricewaterhouseCoopers, c’est l’IDEAP, en 2024, on sorti un monitoring de l’efficience des cantons suisses, 4e édition, extrêmement intéressant. Il y a cinq domaines qui sont évalués, le canton du Jura est dans les cinq meilleurs cantons dont deux de ces cinq domaines, donc c’est vraiment un canton où l’administration publique est plutôt bien classée en termes d’efficience et ce n’est pas un avis de partis politiques ou autres, c’est vraiment des institutions renommées qui ont fait cette étude. Je pense que les limites de l’efficience on ne les a pas encore atteintes dans le canton du Jura. On peut certainement grappiller quelques postes ici ou là, mais là, la motion parlait quand même de la suppression de 100 postes, et je pense qu’on ne peut pas atteindre la suppression de 100 postes uniquement par des gains d’efficience. Si 100 postes, c’est 5% de la fonction publique, c’est vraiment illusoire. Je pense qu’il faut être réaliste et que ces suppressions de postes impliqueront nécessairement des suppressions de prestations.
Monsieur Chapuis avait l’air de ne pas être de cet avis-là, mais malheureusement, je n’ai pas pu entendre la fin de son développement et j’attends de voir comment il pourra répliquer à ces intentions, mais en tout cas, le groupe socialiste est absolument convaincu qu’il faut soutenir cette motion et vous invite à en faire de même.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERSpeechSUPPLEANT_MALEKantonsparlament
M. Jude Schindelholz (PS) : Je pense qu’il faut bien garder à l’esprit que c’est un impôt sur le bénéfice dont on parle aujourd’hui et donc les entreprises qui sont actuellement en difficulté, et c’est malheureusement le cas notamment dû aux droits de douane, ne verront pas davantage à ne pas suivre la proposition du Gouvernement. En effet, c’est un impôt sur le bénéfice, les entreprises en difficulté ne vont pas réaliser de bénéfice cette année et peut-être les années prochaines malheureusement. Si elles font des pertes, elles pourront les déduire encore durant cette année. Il faut vraiment avoir en tête que ce n’est pas du tout un impôt comparable à l’impôt que les ménages vivent, par exemple. C’est comme si elles avaient un impôt sur le chiffre d’affaires et pas sur le bénéfice. Donc, de ce point de vue-là, l’impôt ou la proposition du Gouvernement, finalement, ne péjore en rien la situation des entreprises qui, actuellement, sont en difficulté. Au contraire, on pourrait vraiment considérer que c’est plutôt, sans en avoir les moyens actuellement, suivre la proposition du PLR par exemple, de refuser ce qui nous est proposé aujourd’hui. Finalement, c’est sans en avoir les moyens, faire un cadeau fiscal aux entreprises florissantes et ce cadeau fiscal, il faudrait le financer d’une manière ou d’une autre, soit par de nouvelles recettes qui pèseront sur les ménages ou soit par une réduction des prestations publiques qui affecteront directement les Jurassiennes et les Jurassiens. On ne peut pas créer de l’argent, comme la ministre l’a rappelé avant.
Le risque est vraiment réel. Si on n’a pas ces ressources supplémentaires qui viennent des entreprises florissantes, les économies auxquelles on avait, par exemple, choisi de renoncer lors des dernières discussions sur le budget, devront revenir sur la table. Des économies qui péjoreront la situation, par exemple des agriculteurs ou des bénéficiaires de soins à domicile ou alors d’autres personnes qui ont vraiment besoin du soutien et des prestations de l’Etat. Je vous appelle à une votation pragmatique et à suivre la proposition du Gouvernement.
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