Normalisation des idéologies d'extrême droite. Que fait le Conseil fédéral pour contrer ce danger ?
(26.3690)- Type
- Interpellation
- État
- Déposé
- Parlement
- Suisse
- Numéro
- 26.3690
- Début
- 17 juin 2026
- Registre officiel
- Profil officiel
- ID externe
- 20263690
- Michèle Dünki-BättigParti Socialiste
- Departement für Verteidigung, Bevölkerungsschutz und Sport
- Nationalrat
- Titre de l'objetNormalisation des idéologies d'extrême droite. Que fait le Conseil fédéral pour contrer ce danger ?
- Texte déposé
- Risque-t-on, selon le Conseil fédéral, d’assister à une normalisation des idéologies et des acteurs d’extrême droite en Suisse ?
- Y a-t-il, selon la Confédération, des liens entre des groupes d’extrême droite et des partis (ou des Jeunesses de partis) ? Si oui, que pense-t-elle de ces liens ?
- Quelles évolutions observe-t-elle dans la portée, le recrutement, la mise en réseau et les actions publiques des groupes d’extrême droite ?
- Le Conseil fédéral estime-t-il qu’il y a des liens entre des actions en apparence non violentes et les milieux d’extrême droite violents ?
- Quels sont les organes responsables de la prévention, de la sensibilisation et de la détection précoce ? Existe-t-il une stratégie globale pour lutter contre la normalisation d’idéologies d’extrême droite ?
- Sur la base de quels critères le SRC désigne-t-il et évalue-t-il les différents groupements d’extrême droite dans les rapports de situation publics ? Comment le Conseil fédéral garantit-il qu’une communication prudente ne contribuera pas involontairement à une normalisation ?
- Selon le Conseil fédéral, comment le groupe « Junge Tat » a-t-il évolué depuis sa réponse à l’interpellation 23.3391 ?
- Développement
Les acteurs d’extrême droite tentent de faire passer des idées autoritaires et misanthropes pour des points de vue politiques légitimes. Ils s’immiscent dans des débats actuels, mettent en scène des actions ayant un fort retentissement public et entrent en contact avec des jeunes sur les médias sociaux. Les limites de ce qui est socialement acceptable risquent ainsi de se déplacer.
Dans le rapport de situation 2025, le SRC indique que la menace qui émane des milieux d’extrême gauche et d’extrême droite violents reste stable à un niveau élevé, et que les milieux d’extrême droite violents resteront actifs ; il ajoute que quelques groupes tenteront d’obtenir une certaine publicité par diverses actions et par la diffusion de vidéos de propagande.
Le recours à des termes tels que « remigration » ou à des théories comme celle du prétendu « grand remplacement » fait partie de cette stratégie de normalisation : il vise à remplacer des représentations racistes et nationalistes par des termes en apparence rationnels ou relevant de la politique migratoire, afin de rendre acceptables des idées misanthropes. Ceux qui utilisent le terme « remigration » entendent par là la déportation massive de personnes ayant le passeport suisse ; quant au « grand remplacement », il s’agit d’une théorie conspirationniste antisémite.
Un cas parmi d’autres est le groupe « Junge Tat ». En 2023, le SRC a décrit comment celui-ci exploitait des thèmes ayant un fort retentissement public. Dans le rapport 2025, le groupe est mentionné en lien avec une action qu’il a menée en marge du Concours Eurovision de la chanson, mais ses actions ne sont pas analysées de manière plus approfondie. Or, l’absence d’une analyse publique des groupes de ce type peut, involontairement, conduire à leur normalisation.
Données: OpenParlData · CC BY 4.0