Anita Kradolfer
- Funktion
- Ancienne Suppléante
- Partei
- Die Grünen
- Parlament
- Kantonsparlament (JU)
- Wahlkreis
- Porrentruy
- Parlamentsseite
- Offizielles Profil
- Geschlecht
- Weiblich
- Zivilstand
- Mariée
- Beruf
- Diététicienne
- Sprache
- Französisch
- Adresse
- Route de Déridez 24
2926 Boncourt
- Quell-Körperschaft
- JU
- Datensatz aktualisiert
- 01.08.2026
- Erstmals importiert
- 14.08.2025
- CONTRE
- POURKantonsparlamentErgebnis: 55 Ja · 0 Nein · 0 Enth. · 0 Abwesend
- POURKantonsparlamentErgebnis: 56 Ja · 0 Nein · 0 Enth. · 0 Abwesend
- POURKantonsparlamentErgebnis: 58 Ja · 0 Nein · 0 Enth. · 0 Abwesend
- POURKantonsparlamentErgebnis: 48 Ja · 6 Nein · 3 Enth. · 0 Abwesend
Keine Interessenbindungen erfasst.
Keine Zutrittsausweise vergeben.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERRedeKantonsparlament
Mme Anita Kradolfer (VERT-E-S) : Je ne veux pas être très longue. Déjà, j’aimerais dire que ce n’est pas mon projet, j’ai été approchée d'Ana-Mia, d’autres parlementaires, des familles et des citoyens et citoyennes qui souffrent de cette situation. J’avais contacté le médecin cantonal ad intérim pour demander des chiffres, pour savoir combien coûtait une hospitalisation extra-cantonale. Donc, oui, je suis d’accord, se mettre autour d’une table. Je sais qu’on manque de professionnels dans le canton, comme dans tous les autres cantons. Je suis moi-même une professionnelle de la santé depuis 30 ans, je sais de quoi je parle.
Transformer en postulat pour réétudier les besoins, je pense que les besoins on les connaît, ils sont avérés. Il ne s’agit pas de monter une usine à gaz, pas créer une structure, pas un hôpital de jour ou imiter Saint-Loup ou le centre abC, c’est de donner les moyens de se coordonner.
Vous avez raison, Monsieur Gerber, c’est peut-être difficile que les professionnels indépendants s’organisent pour créer cela. Je pense que l’Hôpital du Jura, c’est une structure existante, il y a les professionnels, les médecins et les psychologues, les diététiciennes qui sont déjà sous le même toit.
Et comme je l’ai déjà dit, ce n’est pas monter une usine à gaz mais de se donner les moyens pour une petite partie de la population. Là-dessus je suis d’accord. Il y a les autistes, les TDA, il y a plein de structures que l'on pourrait créer mais si on ne commence jamais, on ne va jamais rien faire. J’aimerais aussi remercier la Fondation O2 qui fait un travail au niveau de la prévention où là, je pense qu’on doit aussi encore accentuer dans les écoles.
Je garde ma conviction que c’est la responsabilité de la société civile, c’est le Canton qui doit donner l’impulsion pour donner les moyens de créer cette structure. Il ne s’agit pas d’engager dix personnes pour des EPT en plus. C’est utiliser ce qui existe avec les professionnels qui ont déjà des formations.
- SEGMENT_TYPE_SPEAKERRedeKantonsparlament
Mme Anita Kradolfer (VERT-E-S) : Les troubles du comportement alimentaire tuent. L’anorexie mentale et la maladie psychiatrique causant le plus de décès. Le taux de mortalité à dix ans est de 5% et augmente à 20% à plus long terme.
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) ne se limitent pas à des habitudes alimentaires désordonnées. Ce sont des troubles psychiques complexes qui peuvent compromettre la santé physique, mentale et sociale. Les TCA touchent non seulement les personnes concernées mais aussi leurs familles et leurs proches.
Les derniers chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) datent de 2010. Environ 3,5% de la population suisse est touchée par les TCA au cours de leur vie avec une prévalence accrue chez les jeunes adultes et une augmentation de cas parmi les hommes et les enfants depuis la pandémie COVID-19.
Les TCA touchent toutes les classes sociales. Leur prévalence est majeure dans les classes sociales moyennes et supérieures et tend à augmenter dans tous les pays occidentaux où la société est très centrée sur l’individualisme et la compétition. Et dans le canton du Jura, il n’existe pas de chiffre actuel pour notre canton. Nous pouvons extrapoler les chiffres de 3,5% de l’OFSP avec une augmentation de cas depuis 2020.
Vous vous en rappelez probablement. Au début de cette année, notre canton a été cité dans un numéro de l’émission Temps Présent de la RTS. Tournée en grande partie dans le Jura, l'émission avait mis en lumière plusieurs témoignages de personnes souffrant de ces troubles et mis en évidence les longues errances médicales, voire les traitements inadéquats qu’elles subissent. On y découvre aussi la rareté des structures dédiées en Suisse romande. L’Hôpital du Jura accueille uniquement des personnes souffrant de TCA pour des problèmes somatiques. Un protocole médical existe dans le but de stabiliser le poids des patients et patientes, mais il n’existe pas de protocole de prise en charge plus spécifique, voire interprofessionnel. Les personnes et les familles concernées se débrouillent comme elles peuvent. Les médecins généralistes, les psychiatres, les psychothérapeutes, les diététiciennes et les autres professionnels de la santé font aussi comme ils peuvent. De longues listes d’attente et de grandes difficultés de créer un vrai réseau de soins entre ces différents acteurs de la santé, retardent la prise en charge dans de très nombreux cas. La maladie a ainsi le temps de s’installer et les personnes concernées, tout comme leur entourage, souffrent faute de prise en charge précoce. Bien sûr, cette perte de temps augmente aussi à terme les coûts de prise en charge. Et c’est là, qu’une unité ambulatoire prend tout son sens. Les recommandations pour les bonnes pratiques le disent. Lorsque la maladie est prise en charge dans sa phase précoce, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, 50% des patients et patientes guérissent, mais pour les autres, le risque est que la maladie se transforme en maladie chronique, engendrant des coûts importants pour la collectivité ainsi que de souffrances bien inutiles.
Une prise en charge spécifique et interprofessionnelle avec les professionnels de la santé formés en TCA, permet de diminuer la fréquence des situations de crise et peut, dans certains cas, éviter une hospitalisation dans un des centres spécialisés hors de notre canton. Ces centres spécialisés dans le canton de Vaud et Genève ont de longues listes d’attente et privilégient les personnes domiciliées dans leur propre canton. Le délai d’attente pour une hospitalisation dans un de ces centres passe souvent jusqu’à six mois pour un ou une Jurassien-ne. Après un séjour dans un de ces centres spécialisés, les personnes souffrant de TCA reviennent chez eux dans le Jura et faute de structure, soit elles doivent se rendre une ou deux fois par semaine à Lausanne pour un suivi ambulatoire ou pire, elles y renoncent, ce qui augmente le risque de rechute. Ana-Mia, l'association anorexie, boulimie jurassienne, qui fournit un travail considérable depuis trois ans, a ouvert une consultation psychologique ainsi que des groupes de parole à Delémont et à Porrentruy. C'est un acteur important dans le Jura mais qui compte avec une meilleure coordination entre les professionnels et surtout un endroit vers lequel les personnes et les familles désemparées puissent s’adresser. Et les coûts ? Il existe uniquement des chiffres jurassiens pour la participation aux coûts touchant des hospitalisations dans ces centres spécialisés ou extra-cantonaux. Les personnes souffrant de TCA sont souvent accompagnées par leur médecin généraliste, parfois par un ou une psychiatre, un ou une psychologue et un ou une diététicien-ne. Ces coûts sont pris en charge par la caisse maladie. Ce qui manque, c’est la coordination entre ces professionnels qui, je le répète, font du mieux qu’ils peuvent. Une prise en charge interprofessionnelle et précoce réduit les coûts globaux sur le long terme. Dans bien des cas, la chronification ou une hospitalisation extra-cantonale coûteuse pourrait être évitée. Nous ne regardons souvent que le coût financier, mais quel est le coût humain ? Il est difficile de le chiffrer. C’est le rôle de notre Canton de donner l’impulsion pour coordonner les professionnels qui sont actifs sur le terrain, comme il le fait déjà dans bien d’autres domaines, par exemple, les addictions ou la santé sexuelle. C’est pour toutes ces raisons que je vous invite à accepter la motion.
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- Version 101.01.2025 – 31.12.2199
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