Samantha Dunning · SP
Un autre élément important de la démocratie helvétique est le système de milice qui ambitionne que chaque citoyenne et citoyen puisse s’investir en politique si elle ou il le souhaite. Je dis bien : ambitionne, car nous savons toutes et tous ici, que l’engagements dans un parlement, notamment cantonal, n’est pas possible pour tout le monde et demande une grande flexibilité et aussi un grand soutien de notre entourage.
Chers collègues, la composition des institutions politiques du Grand Conseil bernois a évolué. Il est temps que les institutions politiques évoluent, elles, aussi. Ces dernières années, plusieurs députées ont vécu d’heureux événements en donnant naissance à un enfant. Toutefois, ces dernières sont à chaque fois confrontées à la problématique de laisser leur siège vacant durant leur congé maternité, notamment pour éviter de perdre leur allocation de maternité. S’il semblerait qu’une solution fédérale se dessine pour abroger la perte du droit à l’allocation de maternité lorsqu’une députée siège au Grand Conseil durant son congé maternité, elle n’est toutefois pas suffisante. Certaines parlementaires souhaitent ou doivent, pour des raisons de santé, rester avec leur nouveau-né. Le congé maternité est d’ailleurs primordial pour que la mère puisse récupérer de son accouchement et rester auprès de son nouveau-né pour garder le lien.
Les députées sont humaines et elles devraient pouvoir être remplacées lors de leur congé maternité, comme c’est le cas pour le travail. C’est pourquoi je vous prie d’accepter le premier point comme motion. Je vous demande aussi d’accepter le point 2, au moins comme postulat. En effet, il n’y a pas de raisons valables de refuser la mise en place d’un système de suppléance pour un ou une député-e absent-e pour raison de maladie ou d’accident. Lorsque l’on est malade ou accidenté, il est avant tout nécessaire de se rétablir sans ressentir de pression lors d’une absence politique. Et je pense que les députés ont assez de bon sens pour se retirer de leurs mandats s’ils s’aperçoivent que leur situation médicale ne s’améliore pas. Par sécurité, nous pouvons toutefois introduire, dans la base légale, comme dans le canton d’Argovie, une limite à une durée d’absence.
J’aimerais aussi particulièrement vous inviter à accepter le point 4 sous forme de postulat, car il me paraît être un élément fondamental pour la promotion de la relève politique. Comme dit en préambule, le Grand Conseil s’est rajeuni. Concilier carrière professionnelle et carrière politique n’est pas chose aisée et j’en ai moi-même fait l’expérience : j’étais assistante doctorante à l’université en sciences sociales. Pour avoir une chance de percer dans le milieu académique, dans ce domaine il est important de pouvoir partir à l’étranger. Les opportunités de partir à l’étranger ne sont pas prévisibles des années à l’avance. Il est donc important... (Der Präsident bittet die Rednerin, zum Schluss zu kommen. / Le président demande à l’oratrice de conclure.) ... oui, pardon, il est donc vraiment important de réfléchir également à une suppléance pour cause de formation et d’obligations professionnelles.
Donc, en résumé, je vous demande d’accepter le point 1 en motion et les points 2, 3, 4 et 5 en postulat. Merci de votre appui.