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Anne-Caroline Graber · SVP

de
Grosser Rat (BE)30.11.2023
Anne-Caroline Graber, La Neuveville (UDC), porte-parole de groupe. Notre collègue Casimir von Arx, s’inspirant des mesures légales prises par les cantons de Zurich et de Neuchâtel, demande que les personnes pratiquant la chasse sous l’effet répété de l’influence de l’alcool, de stupéfiants ou de médicaments se voient retirer leur permis de chasse.

Le groupe UDC rejette cette motion. Nous le faisons pour les raisons développées par le Conseil-exécutif lui-même pour motiver son rejet de cette motion. Aujourd’hui déjà, les chasseuses et les chasseurs doivent remplir des conditions sérieuses et strictes pour obtenir le permis de chasse. Par ailleurs, il est très pertinent d’affirmer que les dispositions de la loi cantonale sur la circulation routière (LCCR) constituent déjà une barrière très efficace pour inciter les chasseuses et les chasseurs à ne pas consommer des stupéfiants, des médicaments incompatibles avec la conduite automobile ou de l’alcool en quantité excessive.

On pourra toujours nous rétorquer que les chasseurs peuvent se déplacer à trois ou quatre dans un véhicule et qu’un seul s’abstiendra de boire de l’alcool, mais il faut bien voir que dans la réalité, la majorité des chasseuses et des chasseurs se déplacent individuellement, en voiture privée.

De surcroît, l’acceptation de cette motion entraînerait des coûts disproportionnés avec ses effets positifs escomptés. Pour contrôler la consommation d’alcool de chasseurs peu nombreux, déployant leur passion ou leur hobby sur de vastes territoires éloignés des localités, escarpée, parfois même dangereux et difficiles d’accès et cela en de nombreux endroits du deuxième canton suisse par la superficie, il faudrait, pour exercer des contrôles dissuasifs et crédibles, engager des dizaines d’agents de la sécurité supplémentaires, équipés de véhicules tout-terrain et appelés à travailler le week-end encore plus que du lundi au vendredi. En l’occurrence, le simple principe de la proportionnalité ne serait pas respecté.

Le bon sens lui-même indique que cette motion va trop loin, même si elle porte le saut louable d’une protection élevée des personnes et d’une minimisation des souffrances animales qui nous préoccupe autant que le motionnaire. Ajoutons finalement que de notre point de vue, l’esprit et les motivations qui sous-tendent cette motion s’inscrivent dans cette évolution délétère vers une société toujours plus contrôlante, technocratique et bureaucratique.

Comme vous le savez, toutes et tous les membres de notre groupe sont très attachés aux libertés individuelles classiques et au respect aussi étendu que possible de la sphère privée. Tout en récusant l’anarchisme sous toutes ses formes et les désordres de toute nature, notre groupe milite en faveur d’une préservation substantielle des libertés individuelles assumées de manière responsable. Nous ne voulons pas d’une société dans laquelle des agents étatiques ou agissant pour le compte de l’État encadrent et surveillent toujours davantage d’activités humaines.

Vous comprendrez dès lors que notre groupe rejette la motion au sujet de laquelle nous débattons. Si cette motion devait être acceptée, le groupe UDC demande son classement. Je vous remercie de votre attention. – Juste encore une remarque concernant la motivation du classement : nous estimons que les objectifs qui sont recherchés dans cette motion sont déjà atteints au travers des dispositions de la législation actuelle. Voilà pourquoi nous vous recommandons le classement de la motion en cas d’acceptation. Merci encore de votre attention.

Institution
Grosser Rat

Data: OpenParlData · CC BY 4.0