Françoise Schaffter Houlmann · Parti socialiste
Mme Françoise Schaffter Houlmann (PS) : On m'avait dit pour une première intervention, c'est mieux de passer en premier, comme ça, tu es quitte de tout répéter. Je n'ai pas réussi, je n'ai pas pressé assez vite, je ne me sens pas encore assez à l'aise pour improviser, donc je vais quand même rester à mon texte et il y aura des redites, évidemment. La majorité du groupe socialiste est convaincue qu'il faut encourager et faciliter les fusions, mais dans le calendrier jurassien, avec la volonté du Gouvernement d'organiser un forum pour provoquer, ouvrir ce débat, au final, nous sommes donc d'avis qu'il faut encore tenter le format atelier participatif plutôt que la contrainte. Forcer la main sous la forme d'une obligation venue du haut heurte notre sensibilité démocratique, même si, au fond, nous sommes convaincus qu'il faudra aller plus loin et qu'il faudrait aller plus vite. Et en tant que conseillère communale, je suis particulièrement sensible à ce qui pourrait être perçu comme un dictat du "Parlement", qui ferait mieux de se mêler de ses affaires, c'est ce qu'on entend souvent quand même. De plus, nous sommes d'avis que 3'000 habitants par commune reste un seuil très bas qui ne résoudrait de loin pas tous les problèmes des fusionnettes, je peux m'accorder avec ce terme, qui mobilisent du temps, de l'énergie et de l'argent pour parfois manquer leur cible. Le message du Gouvernement nous semble plus cohérent, plus volontariste, et nous espérons surtout vivement qu'il donnera un élan décisif. En Suisse, la moyenne des 2'100 communes se situe autour de 4'200 habitants. C'est mieux que la moyenne jurassienne, mais c'est bien loin des pays nordiques ou de l'Allemagne qui ont fait le pas des fusions, et parfois sous une forme contrainte, effectivement, à grande échelle. Ils ont fait ça il y a des années, et je crois que personne ne le regrette. Alors oui, il faudrait aller plus loin, plus vite, mais il faut encore donner une chance aux communes de prendre ce sujet à bras-le-corps de leur propre gré, imaginer des solutions qui leur conviennent. La motion risquerait plus le blocage que l'ouverture et entrons en discussion en tant que députés comme des partenaires et pas comme des donneurs de leçons. C'est un enseignement qu'on pourrait tirer. Au final, le groupe socialiste refusera la motion, car le cadre posé est à la fois trop rigide et arbitraire, mais il soutiendra le postulat si l'auteur accepte la transformation.