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Pauline Godat

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Discurs(659)
  1. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneteKantonsparlament

    Mme Pauline Godat (VERT-E-S) : Je ne vais pas répéter tout ce qui a déjà été dit en introduction. Mais effectivement, ces pertes fiscales de l’ordre de 9 millions qui sont quand même très importantes et qui, à notre avis, doivent évidemment être en tout cas en partie si possible compensées. Et puis ce chiffre quand même assez impressionnant je trouve, de plusieurs milliers de logements, on n’est pas tout à fait au clair sur le nombre précis, n’empêche que ce n’est pas tout à fait anodin quand même comme situation.

    Le Gouvernement propose de transformer cette motion en postulat afin d’étudier différentes options pour adapter les bases légales cantonales à la nouvelle situation. Si nous pouvons entendre que les possibilités vont au-delà de la seule question de la mise en œuvre d’un impôt immobilier, nous soutenons quand même la demande de la motion. Un postulat, quant à lui, aurait l’avantage d’étudier les autres possibilités, par exemple celle de maintenir des déductions fiscales immobilières, notamment pour des rénovations énergétiques. Vous l’aurez compris, notre groupe soutiendra aussi bien la motion que le postulat.

  2. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    Mme Pauline Godat (VERT-E-S) : Brièvement, je voulais revenir sur quelques éléments qui ont été donnés, entre autres par Monsieur le Ministre. Vous parliez de boisement uniforme, je n’ai jamais parlé de ça, qu’on soit bien d’accord, ce n’est pas ce que demande mon postulat. Je demande justement qu’on fasse un état des lieux pour voir quelle est la situation actuelle, qu’on fixe des priorités sur les tronçons qui sont les plus problématiques et puis qu’on puisse, encore une fois, le troisième élément de la demande du postulat, fortifier les leviers incitatifs pour avoir une action concrète et efficace, je pense que c’est un mot important sur ces tronçons qui sont concernés. Il ne s’agit pas non plus forcément de modifier les règles, comme vous l’avez dit, je ne pense pas, mais au contraire, de revoir un peu où sont les priorités et de pouvoir mettre l’accent et l’effort là où c’est nécessaire, là où ça aura le plus d’impact. Je pense que c’est la définition même de l’utilisation efficace des ressources et des subventions qui sont disponibles et qui pourraient, à mon avis, améliorer vraiment la situation dans certains secteurs.

    Je ne vais pas revenir sur tout ce qu’ont dit mes collègues, peut-être juste pour Monsieur Amstutz. Si vous déposez quelque chose sur la qualité des eaux et la pollution, vous êtes à peu près sûr que vous aurez le soutien de notre groupe. Donc, j’attends votre proposition, ne vous inquiétez pas là-dessus. Et peut-être encore un élément, effectivement, je suis consciente qu’il y a déjà beaucoup de choses qui se font, beaucoup de choses qui sont mises en place. Encore une fois, c’est plutôt l’idée de réorienter et mettre l’accent là où ça fera le plus d’effets et où ça sera le plus bénéfique pour cette faune et rivières.

  3. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament

    Mme Pauline Godat (VERT-E-S) : Nous avons parlé ce matin de sangliers et de chasse et nous parlons maintenant de poissons et de pêche. La motivation à déposer ce postulat réside dans la constatation et si certains d’entre vous sont pêcheurs, vous ne pourrez pas me contredire, de la baisse des effectifs de nombreuses espèces de poissons emblématiques de nos rivières jurassiennes. On pense notamment à la truite rhadonienne et à l’ombre commun. Cette baisse est évidemment liée à plusieurs facteurs dont notamment la présence accrue de prédateurs comme les cormorans, la moindre qualité de l’eau dans certains secteurs ou certains cours d’eau et l’augmentation de la température de l’eau. C’est à ce facteur en particulier que s’intéresse ce postulat.

    En effet, la température de l’eau est une des variables les plus importantes pour les écosystèmes aquatiques, influençant à la fois les processus chimiques et biologiques. Certaines espèces de poissons sont très sensibles à l’eau chaude, ce qui peut favoriser certaines maladies, rarifier leurs sources d’alimentation ou nuire à leur reproduction. Des températures plus élevées pourraient être favorables à certaines espèces, favorisant ainsi leur invasion biologique. Les espèces typiques des eaux froides, souvent des indicateurs de milieux en bon état écologique, ne pourront subsister face à des températures trop élevées. Ainsi, le réchauffement des eaux pourra à lui seul avoir un impact négatif sur les indices biologiques de qualité des eaux appliqués en Suisse.

    Petit rappel chiffré, vous m’excuserez. Le réchauffement moyen des cours d’eau a été de 0,33 degré par décennie sur la période 1979 à 2018 et de 0,37 degré par décennie en moyenne durant la période 1998 à 2018. Cela correspond à environ 90% de la hausse de la température moyenne de l’air sur la période correspondante. Les cours d’eau se sont réchauffés de manière plus importante en été qu’en hiver, créant une différence de température entre l’hiver et l’été qui augmente progressivement. La forte hausse estivale s’explique par le réchauffement atmosphérique plus marqué à cette saison ainsi que par la multiplication des vagues de chaleur estivale durant les dernières décennies. En effet, au cours des étés caniculaires 2003, 2015 et 2018, des records de température ont été battus dans de nombreuses stations de mesure. Durant l’été 2018, de nouvelles valeurs maximales ont été enregistrées pour presque un tiers des stations de mesure.

    Quant aux prévisions pour la suite pour la période de 2030-2040, le réchauffement médian annuel de la température de l’eau estimé est de 1,1 degré pour les bassins versants du plateau suisse par rapport à la période de référence 1990-2000. Les bassins versants tels que la Birse et de l’Arc, qui sont actuellement moins sujets aux températures élevées de l’eau atteindront à l’avenir assez souvent le seuil légal de 25 degrés.

    Venons-en maintenant aux solutions par rapport à cette problématique de la température de l’eau. Selon différentes sources, la végétation le long des cours d’eau et les projets de renaturation sont actuellement considérés comme la seule stratégie d’atténuation efficace. Il est important de noter que ces mesures sont efficaces uniquement le long des petits cours d’eau, car il est impossible d’ombrager un grand fleuve ou un lac avec de la végétation, ça paraît logique. De plus, l’effet obtenu est local, c’est-à-dire que quelques kilomètres en aval des zones ombragées, l’effet est déjà perdu.

    L’ajout de végétation le long des cours d’eau est donc une réponse possible afin d’offrir à la faune et à la flore des habitats protégés du réchauffement. Cette piste est confirmée par un rapport du canton de Vaud sur la qualité des eaux qui précise, je cite : "Face à cette situation du réchauffement de l’eau, plusieurs options sont possibles : végétaliser les berges, restaurer les cours d’eau altérés, améliorer la connectivité pour l’accès aux zones de refuge et de reproduction et réduire l’utilisation régulière de l’eau à des fins industrielles et agricoles. Les enjeux liés à la température des rivières sont donc des éléments importants à prendre en compte dans la gestion intégrée des eaux à l’échelle du territoire", fin de citation.

    Revenons maintenant au niveau jurassien. Dans le monitoring jurassien 2024 de la qualité des eaux de surface, il est dit que, et là aussi je cite : "L’ombrage naturel par la végétation rivulaire avec les arbres et les arbustes permet de réduire l’exposition solaire, notamment en limitant l’absorption du rayonnement solaire par l’eau, en réduisant l’évaporation et en maintenant un taux d’humidité plus stable dans l’environnement immédiat du cours d’eau et donc la température de l’eau. La reconstitution de l’ombrage naturel par la plantation d’une végétation dense, dont les essences adaptées aux lieux peuvent constituer un toit de verdure au-dessus du cours d’eau, représente la mesure la plus prometteuse pour limiter le réchauffement des eaux. La végétation riveraine dense peut limiter de 4 degrés la température journalière maximale. L’effet refroidissant des affluents bien ombragés est mesurable même dans le cours d’eau principal qui, en raison de sa largeur, ne peut pas être entièrement ombragé. Cette mesure doit être pensée à long terme et nécessite une coordination importante avec les riverains et les propriétaires fonciers. Les différents projets de réhabilitation des cours d’eau menés ces dernières années intègrent cette thématique. Pour optimiser son impact, la végétation des berges doit être renforcée en complément d’autres mesures de gestion comme la limitation des prélèvements en période des tillages et la réduction du ruissellement d’eau chaude issue des surfaces imperméabilisées", fin de citation.

    J’en viens maintenant aux arguments du Gouvernement pour refuser ce postulat. Il dit que le dispositif prévu par la législation cantonale sur la gestion des eaux est suffisant et très efficace pour à la fois protéger les berges boisées et assurer leur entretien adéquat. Ce n’est pas ça que demande mon postulat, ni d’imposer d’ailleurs le boisement des berges par l’Etat. Le but de ce postulat est justement de réorienter les subventions là où les cours d’eau jurassiens en ont besoin, ils ont besoin d’être mieux protégés.

    Cela ne signifie donc évidemment pas que tous les cours d’eau doivent être arborisés. D’où la proposition faite dans le postulat de dresser un inventaire qui compile les données à la fois du cours d’eau en termes de présence de poissons sensibles au chaud, de monotonie du fond de la rivière et de ses berges, par exemple l’absence d’arbres ou les berges boisées, le type de végétation sur la berge, la présence d’espèces rares sur les berges. Le but final est donc de mieux cibler les subventions favorables aux berges boisées là où les poissons en ont besoin et non de pratiquer une politique de l’arrosoir. Il s’agit donc bien d’affiner le processus en cours pour mieux répondre aux besoins des poissons. J’espère que ces quelques éléments vous auront convaincus et je vous remercie de votre soutien.

  4. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneteKantonsparlament

    Mme Pauline Godat (VERT-E-S) : Je m’excuse par avance, je reprendrai quelques assez nombreux éléments de l’argumentaire de Monsieur le Ministre que j’ai trouvé très convaincants et très pertinents. La motion demande d’adapter le Plan d’études cantonal, et c’est là qu’il y a un premier flou, afin que l’apprentissage de l’écriture cursive ne soit plus obligatoire et que l’accent soit mis sur l’apprentissage de l’écriture scripte de base. Si l’aspect de la simplification et de l’adaptation de l’apprentissage de l’écriture correspondant à la façon dont la plupart des adultes écrivent paraît séduisant, le changement proposé comporte à notre avis aussi des risques. De la même manière que certains prônent la simplification de l’orthographe pour faciliter l’apprentissage des élèves, le changement proposé comporte, à notre avis, le risque d’un nivellement vers le bas. De plus, les études en neuroscience montrent que l’apprentissage de l’écriture cursive stimule le développement cognitif, la motricité fine et la mémorisation grâce au mouvement continu et connecté des lettres.

    De plus, une modification uniquement au niveau du canton du Jura ne fait pas de sens à plusieurs égards. D’une part, par les frais que celle-ci engendrerait. En effet, tous les supports et les moyens d’apprentissage devraient être remplacés, respectivement traduits de l’allemand. On ne voit pas comment cette proposition peut-être amenée par un groupe qui prône régulièrement la nécessité de faire des économies, on l’a entendu à différentes reprises ce matin par nos collègues Koller, Moser et Lachat, entre autres. Je trouve ça quand même un petit peu cocasse qu’on nous fasse des propositions aussi coûteuses que celles-là.

    D’autre part, le Plan d’études romand permet une cohérence et une harmonie entre les cantons, facilitant la continuité des apprentissages lors de déménagement, par exemple. Certes, les cantons ont une marge de manœuvre pour adapter leur programme dans certaines branches, histoire, religion, etc. Ceci fait sens au vu des particularités culturelles et régionales de chaque canton. Pour ce qui est de l’apprentissage de l’écriture qui, comme le dit la motionnaire, est une étape fondamentale du parcours scolaire d’un enfant, il nous paraît essentiel de garder ce socle commun au niveau romand. Une possibilité aurait éventuellement été de faire cette proposition via la CIIP, comme dit par le ministre, afin de voir si les autres cantons sont intéressés par cette démarche, et cas échéant, de la coordonner au niveau romand, mais encore une fois faire cavalier seul dans ce domaine-là ne nous paraît pas du tout pertinent. C’est pour toutes ces raisons que nous allons refuser et la motion et le postulat si elle devait être transformée.

  5. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament
Contribuziuns(29)
Commembranzas(5)

Maletgs(2)

  • Versiun 1
    01.01.2025 – 04.10.2025
  • Versiun 2
    04.10.2025 – 31.12.2199

Datas: OpenParlData · CC BY 4.0