Quentin Haas
- Function
- Ancien suppléant
- Party
- Christlichsoziale Partei
- Parliament
- Kantonsparlament (JU)
- Electoral district
- Porrentruy
- Parliament page
- Official profile
- Gender
- Male
- Marital status
- Divorcé
- Occupation
- Immunologiste
- Language
- French
- Address
- Rue de la Poste 3
2952 Cornol
- Source body
- JU
- Record updated
- 20.08.2026
- First imported
- 14.08.2025
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M. Quentin Haas (PCSI) : Nous abordons aujourd’hui ce rapport de législature avec le recul nécessaire pour reconnaître à la fois ce qui a été accompli dans des circonstances souvent inédites et ce qui doit être encore fait pour progresser et pour renforcer notre canton. En effet, et comme le souligne justement le rapport, la législature qui s’achève a été marquée par de nombreuses crises, notamment la crise sanitaire, inédite, qui a nécessité une adaptation et une réactivité encore jamais vues. Dans ce contexte, le Gouvernement a poursuivi son action, parfois dans l’urgence, souvent sous contrainte. Il serait injuste de ne pas reconnaître l’effort fourni et l’engagement de l’ensemble des services de l’Etat dans ce contexte si particulier. Efforts qui, dans un contexte tel que celui-ci, ont fatalement nécessité la révision de certains objectifs à court et moyen terme.
Malgré cela, le rapport soulève une diversification accrue de l’économie, observation bienvenue dans un contexte demandant résilience et création d’emplois à forte valeur ajoutée. Toutefois, il souligne également la nécessité de voir cette tendance confirmée. Le besoin de voir s’implanter de nouvelles entreprises phares sur le territoire reste vital et n’a pour l’instant pas pu être concrétisé. Au vu des conséquences de la politique actuelle du président Trump sur l’activité des entreprises jurassiennes et le chômage, ce besoin semble aujourd’hui confirmer toute son importance. Gageons que l’avenir puisse soutenir les signaux positifs produits dans le rapport et apporter une diversification dynamique du tissu économique jurassien tel que souhaité, gage d’attractivité et de dynamisme pour toute la région. Outre l’économie, le Jura se veut une terre où la qualité de vie est au rendez-vous. Le rapport relève ainsi les efforts fournis en termes d’environnement, de dynamique sociale, de patrimoine et d’éducation.
Le Jura possède une réputation unique qui se doit d’être soutenue et mise en valeur, tout comme ses paysages magnifiques et son système éducatif de premier ordre. Les efforts fournis jusqu’alors et tels que décrits dans le rapport sont un point non négligeable d’un autre objectif vital, le rapatriement des Jurassiens de l’extérieur, rêvant pour beaucoup d’un retour en terre jurassienne pour y fonder une famille. Cela dépendra bien évidemment des opportunités professionnelles offertes en cas de réussite des objectifs économiques cités précédemment. Toutefois, cela ne vaudra que peu de choses si ces autres points ne sont pas préservés afin d’offrir un cadre de vie unique, si cher à notre population, seule capable de motiver un retour au bercail des Jurassiens expatriés. En cela, nous saluons les efforts fournis par l’administration cantonale dans ces domaines et espérons qu’ils ne seront jamais mis à ban des objectifs prioritaires de notre République et Canton.
Néanmoins, et en faisant exception de tels événements, un constat s’impose. La question financière reste le nœud de presque tous les autres défis majeurs que rencontre notre canton. Allant des versements de la BNS, la pression sur les charges de formation, de santé ou d’aide sociale et l’incertitude relative à la réception de la péréquation fédérale, tout cela a fortement pesé sur cette législature et on ne disparaîtra pas au 1er janvier. Le Plan équilibre a porté des réponses, mais non sans tension et non sans limite.
Trouver l’équilibre face à cette situation est un souhait que nous partageons tous, notamment pour retrouver durablement une marge de manœuvre et une gestion prévisible et ce pour que les ambitions politiques ne deviennent pas systématiquement des impossibilités budgétaires. De plus, l’intégration d’un partenariat plus efficace entre l’Etat et les communes reste le parent pauvre de cette législature, qui se plaignent régulièrement de ne pas être consultées ou impliquées activement dans les processus décisionnels. Le rapport souligne que des efforts sont engagés dans ce sens, bien qu’il n’est pour l’heure pas aboutis. Dans ce contexte, l’arrivée de Moutier représente évidemment l’événement historique de la législature. Le rapport montre bien l’ampleur du travail réalisé autour de l’accueil de Moutier et de ses citoyens, travail qui devra continuer au cours des années à venir.
Nous tenons à saluer les efforts effectués jusqu’ici, les négociations, l’adoption du Concordat, les adoptions législatives, le suivi administratif, l’organisation scolaire et institutionnelle et bien d’autres. Ce transfert n’est pas seulement un événement politique, c’est un tournant pour la cohésion cantonale, est un test pour notre capacité à intégrer, gérer et faire grandir ensemble un territoire élargi. Après le 1er janvier, il faudra poursuivre l’accompagnement, investir, harmoniser les prestations, consolider le tissu. Ce sera un chantier de long terme et il faudra le mener sans perdre de vue l’équilibre financier invoqué plus tôt.
Autre point important, le projet de prison. Voilà un dossier qui n’avance pas alors que les besoins sont eux bien réels. Le rapport souligne des efforts, mais il montre aussi une absence de concrétisation. Cette situation n’est pas nouvelle et les attentes grandissent. Pour notre groupe, il est indispensable que l’Etat fixe enfin un calendrier réaliste, assumé et crédible. Nous devons sortir de cette attente prolongée sans toutefois renier les exigences de sécurité, de dignité humaine et de cohérence financière.
Enfin, permettez-moi d’insister sur un volet essentiel évoqué dans le rapport, la modernisation et la réorganisation de l’Etat. Annonce engagée par endroit mais encore trop partielle, elle se doit à présent de franchir un cap. Nous ne retrouverons ni efficacité, ni lisibilité, ni stabilité financière si nous ne reconsidérons pas en profondeur l’organisation administrative, la répartition des tâches et des processus décisionnels. Le Jura doit se doter d’un Etat plus agile, plus cohérent, mieux dimensionné pour la réalité d’aujourd’hui.
A l’aide notamment des nouvelles technologies et de son travail sur l’attractivité des postes au sein de l’administration, le Canton a toutes les cartes en main pour produire une modernisation qui ne soit pas qu’un simple mouvement économique de fond de tiroir, mais bien une transformation dynamique et attractive qui lui permette de réinventer son travail en faveur des habitants du canton. Les démarches mentionnées dans le rapport semblent tendre dans cette direction. Il convient à présent de persévérer dans l’effort et de fournir un véritable renouveau, lui aussi, gage d’attractivité de notre canton pour de nouveaux habitants, tentés par l’aventure jurassienne, de nouveaux employés qualifiés attirés par un cadre moderne, mais aussi pour les entreprises à la recherche d’un lieu adéquat à leur établissement.
En conclusion, le rapport présenté aujourd’hui montre un Etat qui a tenu le cap malgré les tempêtes. Toutefois, il montre aussi de nombreux projets encore ouverts, des domaines où nous devons faire mieux, être plus efficaces, plus clairs, plus audacieux. Il souligne les réussites, mais également des défis. Ce rapport conclut une législature, mais il ouvre surtout la voie à la concrétisation de projets engagés dont le succès déterminera le développement de notre canton à l’avenir.
Nous souhaitons profiter de cette tribune pour remercier les membres du Gouvernement, notamment les trois ministres sortants pour le travail accompli et pour leur engagement permanent dédié à l’avancement de notre canton. Cher David, cher Martial, chère Nathalie, après des législatures entières passées à assumer des questions orales de dernière minute, les longs débats de commission et les majorités chancelantes, vous voilà à présent enfin libéré de ce Parlement de tous les dangers. Nous vous souhaitons tout le meilleur pour la suite et vous remercions pleinement pour le travail accompli.
Nous souhaitons également adresser nos remerciements à tous les acteurs de l’administration cantonale, visibles et invisibles, qui rendent possible l’élaboration du Jura de demain avec énergie, volonté et professionnalisme. Les défis sont grands, mais ils sont aussi la preuve d’une opportunité qui se doit d’être saisie. C’est à cette condition, avant toute chose, que nous pourrons aborder la prochaine législature avec confiance.
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M. Quentin Haas (PCSI) : Je vais tenter d’être court, on ne va pas refaire le débat depuis le début par rapport à la dernière discussion que nous avons eue. Je remercie d’ailleurs mes collègues pour les arguments proposés, je rejoins tout à fait ce qui a été énoncé ici. En revanche, j’aimerais donner quelques précisions par rapport aux contre-arguments qui ont été évoqués, notamment pour commencer, le cas du débat des Chambres fédérales. Il est en effet intéressant de voir que les Chambres fédérales ont considéré cela comme trop symbolique pour être abordé. Toutefois, les Chambres fédérales, lors de leur décision, l’ont aussi justifié en disant qu’il revenait aux cantons de décider et qu’il valait mieux laisser place au débat qui était d’ores et déjà en cours à Genève, à Neuchâtel et dans d’autres cantons, pour donner l’opportunité d’une législation qui puisse être manœuvrable en fonction des demandes et des nécessités de chacun des cantons. C’est aussi une décision qui, apparemment, aujourd’hui, provoque certains regrets dans les bancs de l’assemblée, étant donné le résultat extrêmement serré du vote sur l’e-ID où, apparemment, les Chambres fédérales se rendent gentiment compte qu’il va falloir donner des gages à la population par rapport à cette numérisation accélérée, notamment en termes de sécurité, et que refuser cette modification constitutionnelle était aussi un très mauvais signal qu’ils ont envoyé. Donc, disons que l’ambiance au niveau des Chambres fédérales n’est pas si serein que ça et qu’il y a un certain regret, semble-t-il, par rapport à cette discussion qui risque fort probablement d’être relancée prochainement. Donc, on n’est pas dans un cadre d’un débat où apparemment tout est fixé.
Deuxième chose, on parle du cas, c’est surtout symbolique. Ecoutez, je l’entends, c’est vrai que l’inscription d’un nouveau droit fondamental au niveau de la Constitution a souvent un rôle symbolique. En droit constitutionnel, les symboles ont un impact réel, ils orientent la jurisprudence, ils guident le législateur, ils fixent une norme pour les cantons aussi bien que pour la Confédération. D’ailleurs, j’invite tout un chacun, s’il ne veut plus de symboles dans la Constitution, de lancer un texte pour la modifier en accord avec cette proposition. On risque de couper pas mal de choses, tel que quelque chose d’aussi symbolique que ce qu’on appelle le droit à la famille.
On nous dit que les droits fondamentaux sont suffisants et sont couverts par les lois actuelles. Permettez-moi de vous dire que c’est discutable et le Tribunal fédéral le reconnaît. Actuellement, rien ne protège techniquement des manipulations algorithmiques, de la surveillance massive, du profilage automatisé, des violations de l’autonomie numérique et enfin du traitement abusif des données comportementales. Là, on ne parle pas de choses compliquées, on parle de ce qui se passe là maintenant tout de suite avec votre téléphone. Ils nous écoutent parler. Et ça, ce n’est pas couvert. Donc oui, on peut s’imaginer additionner des articles actuellement, mais demain, il faudra en ajouter des autres, sachez-le, et après demain aussi, parce que ça va plus vite que la loi.
Enfin, on dit qu’une telle insertion serait trop vague. Donc ça, je vous l’ai dit, beaucoup de droits fondamentaux sont volontairement formulés de manière large. Je vous ai parlé du droit à la famille, on peut ajouter la dignité humaine, la liberté personnelle, la vie privée, grand concept. Une formulation ouverte justement permet une adaptation à l’évolution technologique. Sachez aussi, et puis ça j’y tiens, quand vous dites qu’on fait tout ça pour rajouter deux mots, c’est plus que ce qui vous est proposé dans le texte. Le texte a été amendé, les deux mots ont été abandonnés par la commission justement pour définir ce qu’était cette conception. Donc là, l’argument est caduc en ce sens, parce que la commission a voulu définir le terme dans sa proposition, aussi bien de majorité que de minorité.
Vous l’aurez compris, dans le fond, l’argument, je l’entends, mais à l’échelle de ce qui se fait au niveau de la Constitution, ça entre en contradiction avec ce qui apparaît dans la Constitution pour de nombreux autres objets, face à un problème qui évolue à une vitesse extrême et qui devient extrêmement important et qui ne fera que prendre de l’importance au fur et à mesure du temps qui passe.
Et enfin pour conclure, citer Montesquieu, donc le plus grand constitutionnaliste de tous les temps, XVIIIe siècle, pour parler du numérique, on va parler d’anachronisme, disons, parce que je vais aussi me permettre pour conclure de citer Montesquieu, donc le plus grand constitutionnaliste de tous les temps, de l’esprit des lois, "Les peuples des climats chauds sont timides comme les vieillards, ceux des climats froids sont courageux comme les jeunes gens". Faisons en ce que nous voulons.
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M. Quentin Haas (PCSI) : Je suis satisfait.
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M. Quentin Haas (PCSI) : De récentes affaires survenues en Suisse romande mettent en évidence l’existence de cas graves de prostitution de mineurs. La police genevoise parle d’un phénomène inquiétant qu’on ne maîtrise pas, souterrain et qui concernerait de plus en plus de cas. Concrètement, on parle de nouvelles suspicions apparaissant chaque semaine et qui ne seraient que la pointe de l’iceberg. Dans les faits, on estime à plusieurs centaines le nombre de cas réels concernés. Des jeunes ayant pour point commun la rupture. Rupture sociale avec les parents, l’école ou le travail. Cette situation plus qu’alarmante mérite une attention de tous les instants. Au vu de ce qui précède, le Gouvernement peut-il nous informer sur l’état de la situation dans le canton du Jura ? Je vous remercie pour votre réponse.
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