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Emmanuel Amoos · PSS

frtesto del discorso
Svizzera16 set 2026

Notre groupe est partagé sur l'introduction d'une réserve climatique pour les vins suisses. Je souhaite néanmoins présenter les deux côtés du débat que nous avons eu dans notre groupe.

La réserve climatique est un instrument assez simple. Lors d'une bonne année, les cantons pourraient autoriser une production de vin AOC un peu plus importante, entre leur propre quota et le maximum fédéral. Le vin supplémentaire serait conservé et pourrait être commercialisé lors d'une année où la récolte est plus faible. Pourquoi soutenir cet instrument ? Parce que la viticulture est particulièrement exposée aux aléas climatiques. Le gel, la grêle, les maladies ou certaines conditions météorologiques peuvent faire varier très fortement les récoltes d'une année à l'autre. La réserve permettrait de lisser ces fluctuations et de donner davantage de sécurité aux producteurs et au marché. Surtout, il ne s'agit pas d'imposer une production supplémentaire à tout le monde. Le système proposé est facultatif pour les cantons, ainsi que pour les producteurs. Il donne simplement un outil supplémentaire à ceux qui en ont besoin. La commission souligne d'ailleurs que cet instrument pourrait contribuer à maintenir la présence des vins suisses sur le marché lors des années de faibles récoltes.

Mais les réserves exprimées dans notre groupe sont également légitimes. Nous ne savons pas encore suffisamment précisément dans quelles conditions les réserves seraient constituées et libérées, de nombreuses compétences étant laissées aux cantons. Que se passe-t-il après plusieurs bonnes années ? Comment éviter que des volumes supplémentaires ne deviennent, finalement, un problème d'écoulement des stocks ? Surtout, il faut éviter que la création d'une réserve ne débouche demain sur de nouvelles aides publiques pour écouler des volumes qui n'auraient pas trouvé leur marché. Ce sont de vraies questions.

Pour ma part, je voterai néanmoins en faveur de cette modification. Pour moi, la viticulture n'est pas seulement une ligne dans une statistique agricole. C'est un paysage, un savoir-faire, des familles, des entreprises et des emplois. C'est une partie de notre identité et de notre économie régionale. Oui, je suis Romand et Valaisan.

Aujourd'hui, les vigneronnes et vignerons suisses traversent une période difficile. La consommation de vin baisse, les coûts de production restent élevés et la situation économique de nombreuses exploitations est clairement sous pression. Je ne prétends pas que cette réserve sauvera la viticulture suisse ; seule, cette réforme ne le fera clairement pas. Nous aurons besoin d'autres réponses, notamment concernant la consommation indigène, la valorisation des vins suisses, les conditions économiques et notamment la limitation des quotas d'importation de vins étrangers, et l'adaptation au changement climatique. Mais cette réserve est un outil concret, ciblé, techniquement intelligent pour mieux gérer les années où la nature nous impose ses propres règles. Il est d'ailleurs utilisé dans d'autres pays, notamment en France. Lorsqu'un outil peut donner un peu plus de sécurité à nos producteurs, sans être imposé à tous, je considère qu'il vaut la peine de le mettre à leur disposition. C'est pour cette raison que je soutiendrai, à titre personnel, cette réserve climatique.

Je le répète, notre groupe est partagé. Une grande partie du groupe ne donnera pas suite à cette initiative parlementaire, et une minorité du groupe y donnera suite.

Trascrizione
parlament.ch
Istituzione
Svizzera

Dati: OpenParlData · CC BY 4.0