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Karim Saïd · SP

de
Grosser Rat (BE)04-03-2026
Karim Saïd, Biel/Bienne (PS), motionnaire. Les récentes évolutions technologiques et la numérisation croissante ont profondément transformé le marché de l’emploi. Les contenus de nombreuses formations professionnelles initiales deviennent aujourd’hui plus rapidement obsolètes qu’auparavant.

Imaginez la situation suivante : après avoir eu un enfant, vous devez interrompre votre activité professionnelle pour vous en occuper. Quelques années plus tard, vous êtes disposé à reprendre votre activité professionnelle, mais votre poste n’existe plus, car il a été remplacé par une intelligence artificielle. Ce scénario n’a rien de fictif et il est une réalité pour un nombre croissant de personnes dans notre canton.

Les progrès technologiques transforment en profondeur le marché du travail. Les compétences évoluent, se renouvellent, disparaissent parfois. Ce sont les personnes peu qualifiées qui sont plus particulièrement vulnérables face à ces mutations rapides. Or, dans les faits, ce sont précisément elles qui participent le moins aux formations continues, car il faut connaître le système, il faut oser franchir le pas, il faut parfois avancer des frais, il faut pouvoir s’organiser. Même avec des offres subventionnées, l’accès n’est pas garanti.

C’est précisément là qu’interviennent les bons de formation. Ils constituent un instrument concret de justice sociale. La transition numérique ne doit pas créer une nouvelle fracture sociale. Les personnes les plus vulnérables ne doivent pas être laissées seules face aux mutations économiques. Le canton a la responsabilité d’intervenir pour corriger les déséquilibres du marché du travail. Les bons de formation ont un impact direct et prouvé, car ils réduisent les obstacles financiers, facilitent l’accès aux formations et permettent à chacune et à chacun d’actualiser ses compétences au moment où cela devient nécessaire.

Les exemples des cantons de Genève et de Lucerne montrent qu’un tel système suscite une demande réelle, produit un impact mesurable et est administrativement faisable.

Contrairement à une subvention de l’offre uniquement, le bon donne un choix à la personne concernée. Il responsabilise, motive et favorise l’engagement personnel dans la démarche de formation. Subventionner les cours ne garantit pas que les personnes ciblées s’y inscrivent.

Former les personnes peu qualifiées ne relève pas uniquement de la politique sociale, c’est aussi une nécessité économique. Cela réduit les pénuries de main-d’œuvre, augmente la productivité et soutient la compétitivité de notre canton. Dans un contexte de manque de personnel qualifié, valoriser les compétences existantes est une décision rationnelle.

Dans sa réponse, le Conseil-exécutif insiste sur l’encouragement de l’offre qu’il propose déjà. L’objectif du postulat n’est pas de mettre en concurrence, ou à opposer, les bons de formation avec l’encouragement de l’offre, mais d’étudier l’opportunité de faire cohabiter les deux modèles. Je vous remercie de votre soutien.

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