Yann Rufer · Parti libéral-radical
M. Yann Rufer (PLR) : Le postulat déposé aborde un thème qui, après avoir longtemps vécu dans l’ombre, trop longtemps, est aujourd’hui de plus en plus médiatisé, celui des proches aidants. Ils constituent une ressource essentielle pour notre société et sont appelés à jouer un rôle toujours plus important. Chaque jour, des femmes et des hommes prennent soin d’un proche permettant ainsi son maintien à domicile. Ce maintien à domicile est vital dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et la hausse constante des coûts de la santé, mais il revêt aussi une dimension profondément humaine, celle de rendre à son père ou à sa mère malade l’attention qu’il ou elle a autrefois donné à son enfant.
Celle d’une épouse qui reste au chevet de son époux ou inversement. Il s’agit d’un acte de solidarité, d’amour et de dignité. Le terme de proches aidants est également devenu un véritable enjeu d’actualité. Avec la volonté de la Confédération et de certains cantons de reconnaître, y compris financièrement, cet engagement, un nouveau niveau de reconnaissance se dessine.
Dans ce contexte, la Fondation pour l’Aide et les Soins à domicile, communément appelée FASD, mène un projet pilote. Celui-ci est réalisé en partenariat avec la Croix-Rouge jurassienne qui assure la formation théorique nécessaire à cette reconnaissance financière. Caritas Jura, pour sa part, prend en charge le financement de la formation pour les personnes qui n’auraient pas les moyens de la financer elles-mêmes. Il est particulièrement réjouissant de constater que les associations sociales et humanitaires collaborent étroitement dans ce domaine.
D’ici le milieu de l’année, cinq proches aidants seront ainsi formés, puis salariés par la FASD. Ils deviendront donc proches soignants. Le Canton du Jura participera à ce modèle de rémunération à hauteur de 9 francs par heure. Par ailleurs, le Canton, par l’intermédiaire du Service de l’action sociale, a dédié une ressource spécifique afin d’informer les proches aidants, de les soutenir financièrement, de créer des espaces de rencontres et d’échanges, de promouvoir la relève lorsque cela est possible et de sensibiliser la population à cette thématique. Force est de constater que le canton n’est pas resté inactif et cela mérite d’être salué, même si certains efforts, comme ça a été mentionné tout à l’heure, restent possibles et nécessaires.
Les questions soulevées dans le postulat peuvent paraître pertinentes, mais la récolte des informations s’annonce complexe, voire très complexe. En effet, on ne décide que rarement de devenir proche aidant, on le devient par la force des choses. Certains le sont même sans en avoir pleinement conscience. Etre proche aidant n’est pas un statut formel et la durée de l’aide peut varier considérablement.
Ces éléments rendent leur dénombrement difficile. Si l’on y ajoute la volonté de dresser un profil socio-économique précis, la tâche devient encore plus délicate. Notre groupe est pleinement conscient de cette réalité et considère que les proches aidants sont devenus, bien malgré eux, une composante essentielle et croissante de notre système de santé. Une partie de notre groupe souhaite toutefois souligner que la reconnaissance de leur engagement ne doit pas nécessairement être uniquement pécuniaire. Le lien intergénérationnel demeure un vecteur fondamental d’entraide et de solidarité qu’il convient de préserver et de promouvoir.
La valorisation des personnes formées qui passeront du rôle de proche aidant à celui de proche soignant sera d’ailleurs financée en grande partie par la LAMal et dans une moindre mesure par le Canton. Etant donné la complexité des éléments demandés et les actions déjà menées par le Canton ainsi que les associations caritatives et humanitaires, notre groupe estime, tout comme le Gouvernement, qu’il faut déjà éprouver et apprendre des actions actuelles avant d’engager d’autres ressources dans des études supplémentaires.
Ainsi, notre groupe refusera le postulat.député Alain Koller.