Rolf Amstutz · Parti libéral-radical
M. Rolf Amstutz (PLR) : Je ne vous cache pas que je suis ancien pêcheur et que je suis très profondément attaché à tout ce qui est patrimoine naturel. Aujourd’hui, effectivement, le plus grand danger pour les poissons est la dégradation et la perte de leur habitat, qui est en grande partie lié à la pollution et à la fragmentation des cours d’eau. Si le postulat pourrait effectivement atténuer pour quelques zones cette catastrophe écologique et limiter l’extinction d’une grande partie des espèces d’eau douce, notre groupe se positionnera sur l’analyse du Gouvernement et refusera le postulat.
Nous devons, pour ne pas perdre de temps, être peut-être plus ambitieux. Jouer aux pompiers sans moyens ou peut-être limités, n’apporte pas grand-chose sinon des frustrations. S’il n’y a pas une évolution globale avec le système de pollueurs ou dévastateurs, payeurs, comme ça se fait dans d’autres secteurs, la bataille est perdue d’avance. Un espace nécessaire ne suffit pas non plus, comme la Confédération nous le dit. Pour exemple, aujourd’hui on peut, c’est vrai, l’agriculture fait beaucoup d’efforts, mais elle n’en fait peut-être pas encore assez.
Aujourd’hui, on peut puriner tout noir à 3 mètres d’un cours d’eau, ce qui est déplorable. Entre 15’000 tonnes et 20’000 tonnes de résidus de pneus sont envoyés dans la nature en Suisse chaque année, dont 4’000 finissent dans l’eau sans aucune contreprestation. Et ce n’est que le début de la liste. On a oublié que l’eau n’est pas seulement existentielle pour les poissons, mais pour nous aussi.