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Bernard Studer

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Die Mitte
DéputéKantonsparlamentPorrentruy
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Député
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Die MitteFuntauna: Le Centre
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Porrentruy
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Discurs(87)
  1. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    Kantonsparlament
  2. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneterKantonsparlament

    M. Bernard Studer (Le Centre) : N’en déplaise aux climato-sceptiques, le changement climatique est un fait. Selon les scientifiques de l’Office fédéral de la météorologie et de la climatologie, la température moyenne de la planète a augmenté de 1,3 degré au cours des 150 dernières années. En Suisse, elle a grimpé de 2,9 degrés et les estimations pour le canton du Jura seraient même légèrement supérieures. Les effets sont perceptibles. On peut citer la réduction du nombre de jours de gel de 60% depuis le début des années 60, une réduction du nombre de jours de neige de l’ordre de 50% en dessous 800 mètres, une remontée de l’isotherme de zéro degré de 300 à 400 mètres et une avancée de la saison de végétation de deux à quatre semaines.

    Cette tendance se poursuit selon les scénarios Climat CH2025, le réchauffement depuis l’aire préindustrielle pourrait atteindre en Suisse 3,6, voire 4,9 degrés. Les étés secs, les journées tropicales seront toujours plus nombreux, de même que les hivers sans neige. Les fortes précipitations seront plus fréquentes et plus intenses avec pour corollaire une augmentation des dangers naturels. Agir est donc une nécessité, nous en sommes convaincus, ce Parlement l’a bien compris en proclamant l’urgence climatique en juillet 2019. Le Gouvernement a élaboré son plan d’action formalisé dans le Plan Climat adopté en octobre 2023. Celui-ci représente un instrument approprié pour apporter des réponses adaptées au contexte jurassien face aux effets des changements climatiques. Il doit permettre de réduire nos émissions de gaz à effet de serre et adapter notre société et notre économie à ces changements.

    Le plan climat comprend un catalogue de 70 mesures prioritaires pour la période 2024-2027 dans le domaine de l’énergie, de la mobilité, de l’agriculture, de l’économie circulaire, du cadre de vie, de l’accompagnement, du changement climatique et de la gouvernance. Certaines actions ont déjà été engagées, principalement dans le domaine de l’économie circulaire, en particulier grâce au financement du fonds des déchets. Le groupe Le Centre a soutenu et continue de soutenir globalement les objectifs et mesures du plan climat en privilégiant, comme on l’a déjà dit, les actions concrètes qui contribuent directement à la réduction des gaz à effet de serre.

    Nous sommes toutefois conscients que les montants alloués jusqu’ici aux mesures du Plan Climat ne sont pas à la hauteur des défis à relever. Il importe que le plan climat s’inscrive dans la durée et renforce sa légitimité grâce à une loi spécifique. C’est l’objectif de la motion no 1431 déposée en mars 2022 que le Parlement a acceptée. Cette loi climat jurassienne devrait préciser le contenu et la structure du plan climat, définir les compétences d’adoption, le rôle du Gouvernement, du Parlement et des services de l’Etat, son mode d’actualisation, les démarches d’information, participation, etc. Le rôle et le soutien aux communes devraient également être abordés. Enfin, cette loi devrait traiter de la question du financement des mesures du plan climat. Cela fait le lien avec la présente initiative qui, si elle est acceptée, devrait, selon nous, être intégrée à la mise en œuvre de la motion no 1431. Le Gouvernement l’évoque d’ailleurs dans son rapport sur l’état des motions et postulats discuté ce matin.

    En 2022, comme la majorité du Parlement, notre groupe avait refusé l’entrée en matière sur le projet de fonds climat établi par le Gouvernement et qui divergeait sensiblement de l’initiative que nous discutons ce jour. Le projet de 2022 présentait en effet des lacunes jugées rédhibitoires. Je ne souhaite pas refaire le débat ici. Aujourd’hui, l’opportunité nous est donnée de corriger lesdites lacunes et une légère majorité du groupe Le Centre est prête à soutenir l’initiative pour un fonds destiné à lutter au niveau cantonal contre le dérèglement climatique. Le Comité d’initiative a vu juste en formulant son texte en termes généraux. Cela permettra d’élaborer un projet évitant les erreurs du passé, qui pourra être discuté et amendé par le futur Parlement.

    Je ne comprends pas, à ce niveau-là, la position des deux groupes qui sont exprimés ici contre cette initiative puisque le futur Parlement aura plutôt une orientation favorable à leur parti. Le cadre est ainsi moins rigide aujourd’hui qu’en 2022. Toutes les options sur l’ancrage législatif, les compétences des autorités et de l’administration, le fonctionnement et surtout sur le financement du fonds demeurent ainsi ouvertes. A titre personnel, je pense que l’implication de notre Parlement dans le choix des mesures à soutenir pourrait être revue. Plutôt que de les valider, je l’ai dit à titre personnel, dans le détail chaque année lors du débat du budget, le Parlement pourrait se prononcer sur des priorités du plan climat selon un rythme à définir. Cela permettrait d’éviter le rôle peu flatteur de variable d’ajustement du budget évoqué tout à l’heure par notre collègue Alain Beuret.

    C’est précisément la question du financement ou de l’alimentation du fonds qui pose problème à la minorité de notre groupe. Le texte de l’initiative évoque un financement socialement acceptable. Les discussions en commission ont démontré que c’est bien sûr ce qui se cache derrière cette formulation que vont porter les débats parlementaires en cas d’acceptation de l’initiative. Personnellement, je pense que le mode de financement doit comprendre un volet social en évitant de frapper les membres les plus fragiles de notre société. Chacun doit y contribuer en fonction de ses moyens, mais pour les plus modestes, il faut absolument éviter la fameuse confrontation "fin du mois, fin du monde", qui n’a selon moi pas de sens.

    Pour le groupe Le Centre, il importe que ce financement soit équilibré. Il ne doit pas reposer uniquement ou essentiellement sur les entreprises jurassiennes. Celles-ci font actuellement face à de nombreux défis et le maintien de leur compétitivité, déjà altérée, devra être pris en compte lors du futur processus parlementaire. L’idée de taxer plus fortement les grands producteurs de gaz à effet de serre ou les grands consommateurs d’énergie a été évoquée. Il y a lieu d’être attentif aux conséquences d’une telle approche, peut-être simpliste. Certaines d’entre elles ont déjà prises des mesures pour optimiser leur processus, pour limiter leur consommation. Certaines sont également attentives à la provenance de l’énergie qu’elles consomment et privilégient les agents renouvelables et locaux. Ces entreprises vont ainsi dans le sens souhaité par le Plan Climat. Les mettre plus fortement à contribution serait, selon moi, contre-productif.

    Vous l’avez compris, si notre Parlement accepte de donner suite à l’initiative pour un fonds destiné à lutter au niveau cantonal contre le dérèglement climatique, le groupe Le Centre sera particulièrement attentif au mode d’alimentation de ce fonds et au rôle du Parlement dans sa gestion.

    Comme déjà évoqué, le groupe Le Centre est partagé. Personnellement, je soutiendrai cette initiative car je suis convaincu que l’aire hypnique Plan Climat, loi climat, fonds climat 2.0 est indispensable pour conduire une politique ambitieuse et à la hauteur des enjeux auxquels la société jurassienne doit faire face.

  3. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneterKantonsparlament

    M. Bernard Studer (Le Centre) : La proposition du député Baptiste Laville représente un pas de plus en direction du transfert modal et d’une mobilité plus durable. Elle offre une alternative crédible au recours de la voiture individuelle sur l’axe le plus structurant du territoire cantonal. En effet, cette liaison directe entre le chef-lieu ajoulot et la capitale renforce l’attractivité des transports publics jurassiens, en particulier dans le district de Porrentruy. Empruntant le train plusieurs fois par semaine entre mon domicile et la vallée de Delémont, je constate une affluence croissante, tant le matin que le soir sur la ligne Boncourt-Delémont. Ces liaisons directes supplémentaires permettront ainsi décréter les pics de fréquentation en faisant gagner un temps précieux aux pendulaires.

    Cette motion fait par ailleurs écho à plusieurs démarches initiées par le Conseil de ville de Porrentruy, par le SIDP ainsi qu’au principe d’aménagement des fiches mobilité du plan directeur cantonal ratifié par ce Parlement en octobre 2018. Convaincu du bien-fondé de la démarche, une majorité du groupe Le Centre va apporter son soutien à la motion no 1535. Comme l’a dit le motionnaire, il est toutefois impératif que ces nouvelles liaisons directes ne se fassent pas au détriment des liaisons omnibus, donc de la qualité de la desserte des autres gares situées sur la ligne.

  4. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneterKantonsparlament

    M. Bernard Studer (Le Centre) : Je suis satisfait.

  5. SEGMENT_TYPE_SPEAKER
    Discurs
    AbgeordneterKantonsparlament

    M. Bernard Studer (Le Centre) : Le 14 décembre prochain, c’est avec une certaine nostalgie que les usagers de la ligne Porrentruy-Bonfol prendront congé du petit train rouge des Chemins de fer du Jura. Grâce au nouveau matériel roulant des CFF, au fonctionnement en Y et aux nouvel horaire, ils gagneront en confort. Les riverains devraient par ailleurs voir se réduire les nuisances sonores auxquelles ils sont exposés. Dès le 15 décembre, le personnel et le matériel des CFF remplaceront donc le personnel et le matériel des CJ. Le Gouvernement peut-il nous indiquer si ce changement aura des conséquences sur les emplois des collaborateurs concernés des CJ et si ceux-ci ont retrouvé des postes similaires aux CJ ou aux CFF ? Je remercie le Gouvernement de sa réponse.

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  • Versiun 1
    01.01.2025 – 31.12.2199

Datas: OpenParlData · CC BY 4.0