Maxime Ochsenbein · SVP
Les élus UDC de la Députation francophone ont été critiques durant l’ensemble de ce processus puisque, de tout temps, nous nous sommes opposés au vote communaliste et l’UDC avait proposé la motion de feu Jean-Michel Blanchard, de ne pas entrer en matière sur le vote communaliste qui nous a amené, suite au refus de celle-ci, à la situation d’aujourd’hui. Je vous fais grâce de vous refaire toute l’histoire.
Malheureusement, avant même la signature du document entre les deux gouvernements, de nombreuses voix ont annoncé avec une ambiguïté certaine que la Question jurassienne serait, après le transfert de Moutier, résolue sur le plan institutionnel, mais que d’autres communes pourront, si elles le souhaitent, rejoindre nos voisins. Je déplore toutes ces prises de position et qu’elles n’aient pas été dénoncées et soient ouvertement soutenues par certains députés, ministres, élus fédéraux jurassiens en fonction. Ces positions contribuent à alimenter une idéologie de conquête qui devrait être révolue et dénoncée par les autorités en place.
De tels propos annoncent d’ores et déjà que, quels qu’en soit les tenants et aboutissants, l’esprit du concordat et de l’articles 35 ne seront pas respectés. De nombreux militants séparatistes continueront leur combat, ne laissant aucun répit à une majorité de la population du Jura bernois, plus spécifiquement du Cornet qui n’en peut plus et ne souhaite qu’une seule chose : vivre en paix dans le canton de Berne.
Je ne vais pas m’arrêter à ces aspects émotionnels mais souhaite attirer votre attention sur les conséquences à venir. Nous l’avons vu lundi, ici, lorsque nous avons abordé la loi sur l’organisation du Conseil-exécutif et de l’administration : toutes les lois et la réorganisation de ce futur départ sont conséquentes et vont apporter leur lot de complexité et de problèmes. Je déplore que le concordat ne donne que des lignes directrices et que bien des points seront réglés au travers d’accords d’exécution qui ne laisseront pas de marge de manœuvre au Grand Conseil.
Je me dois aussi d’être critique sur l’aspect financier qui continue de me contrarier et n’est, à mon sens, pas satisfaisant. En acceptant ce concordat, nous céderons 76 millions de francs de la péréquation financière alors qu’aucune base légale ne nous y obligeait. Je regrette beaucoup que le canton ait été autant généreux.
En acceptant ce document en l’état, on va brader 53 objets immobiliers à leur valeur comptable ou même céder des routes et des tronçons de rivières gratuitement. Avec ce départ, le canton – de facto : vos impôts et mes impôts – va devoir financer plus de 260 millions de francs, je fais là référence au projet ABR, sans que le canton du Jura n’ait la moindre compensation à fournir, ce qui aurait... (Der Präsident bittet den Redner, zum Schluss zu kommen. / Le président demande à l’orateur de conclure.) ... à mon avis dû figurer dans le présent concordat, je le déplore.
En comparaison, il est établi que Moutier va coûter 13 millions de francs au Jura, selon l’article du « Journal du Jura » du 9 février, pour son transfert. Je suis... (Der Präsident bittet den Redner erneut, zum Schluss zu kommen. / Le président demande encore une fois à l’orateur de conclure.) ... conscient et accepte le départ de Moutier, mais je ne suis pas prêt à laisser partir cette ville à n’importe quel prix et pour cela, je vais refuser ce concordat. Je vous remercie.