Boris Beuret · Le Centre
M. Boris Beuret (Le Centre) : Je vous fais part de la position de notre groupe, ici, au travers d’un texte qui a été préparé par notre collègue Aubin Montavon. Le groupe du Centre a examiné avec attention le postulat de notre collègue Pauline Godat. Si les objectifs poursuivis par ce postulat sont louables et si les effets de l’augmentation des températures sur la faune piscicole sont bien réels, le groupe du Centre estime qu’une réflexion basée uniquement sur le renforcement des berges boisées n’est pas pertinente, d’autant plus que de nombreux outils existent déjà.
La situation est aujourd’hui bien connue et suivie. Les communes jurassiennes ont l’obligation d’établir un plan d’entretien des eaux de surface, le PGE. Cet outil permet de dresser un état des lieux précis, de définir des priorités claires et de planifier de manière structurée l’entretien des cours d’eau ainsi que la gestion des berges. La plupart de ces données sont accessibles à toutes et à tous, via le géoportail cantonal, garantissant une transparence complète. Ces PGE sont révisés tous les 15 ans assurant ainsi une planification en adéquation avec la réalité du terrain, notamment face à l’évolution du climat.
Le groupe Le Centre rejoint également l’analyse du Gouvernement qui souligne que des mécanismes incitatifs concrets existent déjà. Les communes disposent d’un cadre clair avec l’obligation de mettre en place un règlement des eaux de surface. Celui-ci vise à définir et à mettre en œuvre des actions respectueuses des équilibres et de la dynamique des écosystèmes aquatiques. A cela s’ajoutent des mécanismes de financement, notamment à travers la taxe communément appelée taxe des digues qui incite à un entretien adéquat des cours d’eau.
Les agriculteurs jouent également un rôle central. Les subventions agricoles liées aux surfaces de promotion de la biodiversité encouragent explicitement le maintien, voire le développement de berges boisées. Ces contributions financières reconnaissent concrètement le travail des exploitants et les incitent à préserver des structures végétales le long des cours d’eau. Ces berges boisées apportent précisément les effets recherchés de l’ombrage mais aussi une amélioration de la biodiversité, une stabilisation des rives et une contribution à la régulation thermique des milieux aquatiques.
En parallèle, le Canton a mis en place une planification globale de la revitalisation des cours d’eau. Entre 2014 et 2034, 17,7 kilomètres de rivières doivent être revitalisés. Cette démarche intègre l’ensemble des enjeux liés au milieu aquatique, la biodiversité, la qualité de l’eau, la sécurité, la renaturation des seuils et le bon fonctionnement écologique des cours d’eau.
Dans ce contexte, se focaliser uniquement sur la question de l’ombrage apparaît réducteur. Autrement dit, les objectifs visés par le postulat sont déjà, à notre sens, poursuivis aujourd’hui de manière concrète, coordonnée et incitative. Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, le groupe du Centre vous invite donc logiquement à refuser ce postulat.