Vai al contenuto principale

Anne-Caroline Graber · SVP

de
Gran Consiglio (BE)3 giu 2026
Anne-Caroline Graber, La Neuveville (UDC), porte-parole de groupe. Les féminicides figurent parmi les crimes les plus graves qu’un être humain puisse commettre. Sauf dans des situations exceptionnelles – telles que la légitime défense ou une guerre juste, selon les critères pertinents de Saint-Augustin – ôter une vie humaine est intolérable. C’est particulièrement vrai pour les féminicides. Souvent commis dans le cadre familial ou dans celui de relations étroites, ils peuvent briser à tout jamais la vie des enfants et des proches de la femme assassinée.

Notre collègue Manuel Widmer relève à juste titre que dans notre pays, une femme meurt environ toutes les deux semaines sous les coups mortifères d’un homme. Ce dernier est souvent son mari ou son partenaire actuel ou ancien, agissant par jalousie, par dépit paroxystique ou par un pervers désir de possession entravé. Comble de l’horreur, les féminicides peuvent aller jusqu’à la forme de suicides forcés !

La revue européenne « Question de société, Droits des femmes » nous apprend qu’en 2023, l’Europe a enregistré une moyenne de 4,1 féminicides pour un million d’habitants. En comparaison intra-européenne, cela représenterait 37 féminicides commis en Suisse durant la même année. En outre, le taux de féminicides en Europe est plus bas qu’ailleurs.

Les féminicides sont fréquemment précédés de violences conjugales, un phénomène bien trop répandu même dans notre pays. Selon les « Gender-based violence statistics » d’Eurostat, publiés en 2021, en Europe 35 pour cent des femmes âgées de 18 à 44 ans ont subi des violences sexuelles directes ou indirectes. Ce taux atteint encore 24 pour cent chez les femmes âgées de plus de 65 ans, un des seuls effets positifs du vieillissement.

Si la majorité des membres du groupe UDC soutient le principe fondamental de cette motion, à savoir l’établissement de statistiques spécifiques relatives aux féminicides, l’argumentaire du motionnaire suscite notre désapprobation. Contrairement à ce que pense notre collègue Manuel Widmer, les féminicides ne résultent pas prioritairement de la structure patriarcale de la société suisse ou des sociétés occidentales en général. Ils procèdent bien plutôt des inclinations les plus méchantes de la nature humaine. La preuve de cette irréfutable réalité réside dans le fait que le taux des féminicides est relativement constant en Europe depuis quelques décennies, alors que, en reprenant les termes utilisés par Manuel Widmer, la société suisse et les sociétés européennes, dans leur globalité, sont à l’évidence moins patriarcales aujourd’hui qu’il y a 50 ou 70 ans.

Si les féminicides dérivent malheureusement du déploiement des pires inclinations de la nature humaine, ils trouvent aussi leur origine dans des cultures spécifiques, dont certaines sont manifestement plus « féminicidogènes » que d’autres.

Une étude publiée en janvier 2026 par le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes (BFEG), rattaché au Département fédéral de l’intérieur, nous apprend ceci, je cite : « La violence domestique a des causes multiples. Elle se manifeste dans toutes les couches de la société et au sein de toutes les populations. On constate cependant une surreprésentation des cas en lien avec des personnes issues de la migration. » Plus avant, je cite toujours : « Dans tous les groupes d’âge, les femmes étrangères sont davantage victimes de la violence domestique que les Suissesses. En ce qui concerne la violence dans une relation de couple en cours, le taux d’exposition est quatre fois plus élevé chez les étrangères que chez les Suissesses, lorsqu’il s’agit de violence exercée par l’ex-partenaire, il est 2,3 fois plus élevée. »

Il est vrai que pour les auteurs de féminicides, la surreprésentation de la population étrangère est un peu moins marquée. Ainsi, 39 pour cent des auteurs de féminicides commis en Suisse sont étrangers, alors que la population étrangère représente 26 pour cent de la population totale. Ces chiffres ne tiennent bien sûr pas compte des naturalisations.

En raison de cette triste dimension culturelle à l’origine des féminicides, la majorité des membres du groupe UDC soutiendra la motion pour autant que, par une déclaration formelle, son auteur requière que la nationalité des auteurs de féminicides soit mentionnée dans les statistiques. Merci de votre attention.

Trascrizione
tagblatt.gr.be.ch
Istituzione
Gran Consiglio

Dati: OpenParlData · CC BY 4.0