Maurane Riesen · PS

de
Grand Conseil (BE)1 déc. 2022
Maurane Riesen, La Neuveville (ES), motionnaire. Les burn-out professionnels sont un fléau. Le rapport « Job Stress Index » que le Conseil-exécutif cite dans sa réponse alarme justement sur la situation : son rapport de 2022 dit que 28,2 pour cent des actifs occupés se situent dans la zone critique. Le même rapport dit aussi que le stress lié au travail coûte environ 6,5 milliards de francs à l’économie.

C’est dans l’intérêt de toutes et tous d’agir contre le burn-out, celui des personnes concernées, de leurs proches, mais aussi des employeurs et de l’ensemble de la société.

La réponse du Conseil-exécutif est lacunaire et elle induit en erreur. Il sous-entend qu’il ne serait pas possible de faire une telle étude. Oui, il est possible de faire une étude au niveau du canton de Berne et le secret médical n’est pas une barrière. Et je sais de quoi je parle : c’est le travail quotidien des chercheurs en santé publique que de récolter des données de santé pour mieux comprendre la situation. Il y a pour cela des comités d’éthique cantonaux qui valident les études lorsque ce sont des données potentiellement sensibles, et on ne va pas afficher le nom et le diagnostic des gens, non ! On anonymise et on rassemble les données pour les analyser statistiquement.

Il n’y a pas besoin d’une base légale spécifiquement pour cela et je suis consternée de devoir expliquer cela ici. D’ailleurs, la DSSI qui a répondu à l’interpellation sur le même sujet quelques mois auparavant, disait que c’était possible, et je cite la réponse, début de citation : « Comme la déclaration des accidents aux assureurs, une déclaration systématique des cas de burn-out professionnels serait envisageable à des fins d’études », fin de citation.

Le canton de Vaud a fait une étude pour mieux comprendre et agir contre le burn-out. Celle-ci a été publiée en août de cette année, après que la motion ait été déposée. On y voit par exemple une hétérogénéité de la prise en charge. Il y a un potentiel d’amélioration dans les pratiques thérapeutiques, notamment réduire les traitements médicamenteux et la promotion d’interventions psychologiques et comportementales et l’amélioration de la détection précoce.

Pour beaucoup de médecins, les critères de diagnostic ne sont pas clairs, il faudrait améliorer la promotion des recommandations du Réseau suisse d’experts sur le burn-out.

La réponse du Conseil-exécutif est donc lacunaire et en partie fausse. Elle ne permet pas de traiter cette affaire avec le sérieux qu’elle demande. Nous sommes maintenant en discussion avec différents partis pour revenir sur ce sujet et améliorer la situation. Nous faisons un pas en arrière pour mieux pouvoir sauter par la suite. Merci.

Transcription
tagblatt.gr.be.ch
Institution
Grand Conseil

Données: OpenParlData · CC BY 4.0