Marc Tobler · UDC
À moins de 22 mois du transfert de la ville de Moutier au sein du canton du Jura, nous ne pouvons que constater l’incertitude qui est bien loin de s’estomper et devient, dans de nombreux domaines, au contraire toujours plus importante. Par exemple, nous pouvons revenir sur un courrier de lecteurs d’un habitant de Moutier qui, lors de la campagne de propagande en faveur du départ de Moutier, avait à juste titre émis des doutes quant à la capacité financière du canton du Jura d’assumer un financement à hauteur de celui versé par Berne, actuellement en faveur de la ville de Moutier dans le domaine culturel. Cette personne avait subi des critiques d’une agressivité dépassant largement le tolérable.
Pour rappel, le rapport d’expertise d’août 2016, rendu public conformément à la feuille de route, censé permettre aux Prévôtois de voter en ayant connaissance de tous les éléments objectifs, présentait un graphique qui démontrait que le canton du Jura allouait environ le double du canton de Berne dans les domaines de la culture, du sport et des loisirs.
À entendre les plaintes de ces dernières semaines, il semble fort improbable que le canton du Jura soit disposé à combler la perte des subventions culturelles bernoises selon la décision prise par le Conseil du Jura bernois. La réalité à venir semble donc bien différente des promesses de 2016 comme exposées ci-dessus.
Dans le cadre de l’excellent projet ABR, notre canton a déjà voté plusieurs dizaines de millions de francs pour la réorganisation et la relocalisation de son administration dans le Jura bernois. 180 emplois en équivalent plein temps (EPT) seront transférés de Moutier. Qu’en est-il des 172 emplois EPT promis par l’administration jurassienne sur le territoire de Moutier ? Jusqu’à ce jour, rien de plus que des promesses avancées lors de la campagne relative au vote.
Un plan de transfert clair et précis avait été promis pour fin 2023. Le monde politique jurassien semble une nouvelle fois bien frileux quand il s’agit de passer aux choses concrètes, avec des décisions en faveur de Moutier et qui pénaliseront les autres régions du canton du Jura.
Depuis la deuxième votation, un élément nouveau est intervenu : le fameux plan d’austérité obligatoire au sein du canton du Jura dont les finances sont dans un état peu propice à de nouvelles dépenses, d’autant plus avec les derniers résultats de la Banque nationale. À l’époque, les ministres aux commandes s’étaient bien abstenus d’ébruiter la situation financière à venir. (Der Präsident bittet den Redner, zum Schluss zu kommen. / Le président demande à l’orateur de conclure.)
Au terme de la procédure relative à la ville de Moutier, le Gouvernement jurassien s’était engagé à clore de façon définitive la Question jurassienne, alors que certains élus laissent déjà entendre la possibilité de poursuivre le combat. Ceci a été annoncé. Il est grand temps pour le gouvernement bernois... (Der Präsident bittet den Redner erneut, zum Schluss zu kommen. / Le président demande encore une fois à l’orateur de conclure.) ... de se positionner de manière forte et claire à ce sujet. C’est pour ces raisons que je refuse ce concordat aujourd’hui. Merci pour votre attention.