Simon Buri · GLP
La question est si ancienne que les jeunes de ma génération la connaissent surtout par les livres d’histoire et les récits de ceux qui l’ont vécue. Cela fait 209 ans que Metternich a proposé au Congrès de Vienne d’attribuer les territoires de la principauté épiscopale de Bâle au canton de Berne. Et cela fait 77 ans que le Grand Conseil a refusé de donner la Direction des travaux publics et des chemins de fer à George Moeckli. Cette décision a été un catalyseur dans ce conflit et la « phase chaude » qui a suivi a entraîné beaucoup de souffrance et de chagrin. Il restent des cicatrices dont certaines sont encore douloureuses aujourd’hui. Si nous discutons aujourd’hui de ce concordat, nous pensons aussi aux personnes qui ont souffert de ce conflit.
Mais aujourd’hui, nous sommes contents d’avoir pu trouver une solution. C’était un travail long et intensif, avec plusieurs étapes. La population a pu exprimer sa volonté lors de nombreuses votations populaires, ce qui a notamment conduit à la création du canton du Jura et à la votation populaire de Moutier en 2021.
Ce parcours montre comment un conflit enflammé peut être résolu démocratiquement. C’est un bon témoignage de notre démocratie qui peut rayonner au-delà de la Suisse comme Ueli l’a déjà dit. Un grand merci à tous ceux qui ont contribué à cette solution. Merci pour l’engagement, pour l’ouverture à la discussion et au compromis.
Et, en parlant de compromis, j’en arrive au concordat qui nous est présenté aujourd’hui. Du point de vue du groupe PVL, c’est un compromis bien négocié. Un bon compromis implique que les deux parties ne soient pas entièrement satisfaites. C’est également le cas du groupe PVL. Nous aurions souhaité que le bâtiment du Ceff Artisanat soit cédé à un prix plus élevé. Nous aurions également préféré que les participations cantonales ne soient pas transférées mais que le canton du Jura reçoive la valeur correspondante en cash. Mais voilà.
En même temps, nous sommes heureux d’avoir pu trouver une bonne solution à de nombreuses questions délicates. Pour en citer deux : les intérêts de la population bernoise concernant l’Hôpital de Moutier sont préservés et il existe une réglementation claire concernant les sites contaminés. Tout bien considéré, le concordat est un paquet global équilibré au vu de son importance historique. Le groupe PVL le soutient à l’unanimité avec une abstention.
Finalement, la Question jurassienne, sera-t-elle réglée après le transfert de Moutier dans le canton du Jura ? Certains le croient. Nous l’espérons. Certainement, ce transfert est une étape extrêmement importante et si tout va bien, c’est l’étape finale, mais la réponse définitive nous sera donnée par l’Histoire. Elle dépendra en grande partie de la manière dont la génération actuelle et les générations à venir dans les deux cantons se comporteront les unes avec les autres et comment elles feront attention à la particularité de la région du Jura.
Si nous continuons à nous rencontrer dans le respect, la tolérance et l’ouverture, nous sommes persuadés que nous y parviendrons. Merci de votre attention.