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Paul Monnerat · Parti vert libéral

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Kantonsparlament (JU)24.09.2025SUPPLEANT_MALE

M. Paul Monnerat (PVL) : On peut parler de secret. Aujourd’hui, avec les solutions propriétaires, il n’y a aucun secret. Je vais revenir sur ce qui a été évoqué avant. Le Gouvernement souligne, à juste titre, l’importance de la coordination intercantonale, c’est juste, mais elle n’est pas remise en cause du tout. Je ne remets pas en cause non plus toutes les solutions actuelles, mais c’est juste une tendance politique. Je n’impose rien, ma motion n’impose rien, elle demande des préférences ou de favoriser.

Les solutions open source sont auditées par des experts du monde entier, je ne demande pas à quelqu’un qui code dans son coin ici, de faire la sécurité d’un cloud, ce serait complètement dément, on a des solutions éprouvées dans le monde entier, on a des solutions utilisées par des milliers de personnes et c’est même avoir du mépris pour certaines entreprises de la IT en Suisse, quand on vient nous dire qu’on a des solutions qui ne sont pas à mûres. On a des centaines d’entreprises qui utilisent des solutions cloud suisses. On ne demande donc pas forcément à l’Etat jurassien de développer ses propres solutions cloud, nuage, si vous préférez. Si chaque canton attend sur un autre canton, rien ne va changer. On se met ensemble, c’est bien, on discute mais il faut agir.

Se réfugier derrière la facilité du : on suit la tendance, n’apporte guère d’ambition et d’innovation, pire, on suit les dépenses des autres cantons qui ont bien plus de moyens que nous et en plus, on reste dépendant sur le long terme. Si la souveraineté numérique est déjà un axe prioritaire, pourquoi refuser cette motion quelque part ?

Un petit rappel quand même. La migration vers les produits Office 2024, même sur l’infrastructure locale, maintient une dépendance aux géants américains soumis au droit américain, dont les effets peuvent nous impacter du jour au lendemain. C’est la couche logicielle qui fait foi, ce n’est pas l’emplacement, contrairement à ce que tout le monde raconte, mais c’est la couche logicielle. Le Gouvernement reconnaît dans la réponse écrite no 3716 que Microsoft Swiss est soumise à la réglementation américaine, n’est-ce pas ?

Pourquoi ne pas s’inspirer de l’exemplarité de la Confédération qui exige que les logiciels libres aient du code ouvert et que les données restent souveraines. C’est clair que ça va prendre du temps. On a perdu 20 ans, je pense que là, c’est le moment de changer, on a des solutions matures. Le courage politique consiste à montrer la direction et c’est ce que propose cette motion, je n’oblige rien du tout, je n’oblige pas à faire tout, tout de suite, de loin pas.

Un petit rappel quand même, enfin ce n’est même pas un rappel, je vais vous donner cette information parce qu’on a entendu des informations avant qui étaient fausses. Le coût total de possession d’une solution open source est plus faible que celui d’une solution propriétaire après seulement trois ans d’exploitation. C’est un investissement, ce n’est pas une dépense.

Et ce que je vous donne là comme chiffre, c’est selon la majorité des analyses menées sur les infrastructures publiques et privées. Ceci favorise ainsi la maîtrise des dépenses à long terme, on le sait très bien, on n’y est confronté déjà aujourd’hui. Chaque année, nous versons plus d’un demi-million à cette fameuse entreprise américaine, dont je ne citerai plus le nom, pour des logiciels que nous utilisons difficilement à 10% de leur potentiel mais que nous payons à 100%. Je préfère que nous payons des solutions locales suisses à 50% en utilisant 50%, on en utilisera encore plus de deux fois plus. Le retour sur investissement est bien meilleur. Apparemment, certains souhaitent continuer, d’après ce que j’ai entendu avant, on a parlé de passer à l’administration à Office 365, je vois qu’en fait on souhaite continuer dans cette addiction auprès de cette entreprise.

On a évoqué l’éducation. Donc pire, chaque élève, chaque étudiant, chaque enseignant partage tous les jours des informations personnelles et sensibles avec ces plateformes, contribuant ainsi à nourrir leur intelligence artificielle, leur avance technologique et leur pouvoir. Actuellement, on est en train de changer, juste pour situer les choses, c’est un cas concret, on dit que ça va coûter plus cher, ce n’est pas vrai, ça coûte déjà cher aujourd’hui, on est en train de changer des centaines d’ordinateurs maintenant dans les écoles parce qu’ils ont cinq, six, sept ans et ils ne peuvent plus passer à Windows 11 et on rachète de nouveau des ordinateurs américains. Faut-il continuer à remercier ceux qui mettent au chômage des milliers de Jurassiennes et de Jurassiens pendant qu’on alimente leur fortune de l’autre côté de l’Atlantique ?

Le président : Merci de conclure, Monsieur le Député.

M. Paul Monnerat (PV) : Oui. Le confort de la dépendance nous aveugle. Où est passé l’esprit du Jura libre ? Cette motion n’est pas un son dans le vide, c’est une vraie direction politique, un appel au courage et au bon sens. Le vrai progrès n’est pas de suivre la tendance mais d’oser anticiper, d’oser choisir la vraie liberté numérique pour le Jura. Demain, ayons l’audace de dire Jura libre et souverain.

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